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jeudi 1 septembre 2011

Des fiançailles pour notre départ

Notre séjour tunisien s’est terminé au cœur des fiançailles de celui qu’Habib appelle le fils de son oncle, son cousin quoi! Lorsqu’Habib a terminé de repasser nos chemises, nous avons traversé à la maison d’à côté, soit celle où son cousin demeure. Puis, on nous a servi un Boga Cidre, une boisson gazeuse aux pommes. Et là, la famille du fiancé est arrivée progressivement à travers les sentiers de la montagne. Les enfants, les hommes et les femmes souvent voilées arrivaient avec des cadeaux.

Tous les adultes qui arrivent ne manquent pas d’aller saluer chacun des convives, nous y compris.

- Salam alikoum! - Que la paix soit avec vous!
- Malikoum salam! - Que la paix soit avec vous aussi!
- Aslema! - Bonjour!
- Aslema! - Bonjour!
- Labess? - Ça va?
- Labess! - Ça va!
- Aïchek! - Longue vie!
- Aïchek! - Longue vie!

Tout cela se déroule en donnant la main et en donnant deux becs sur les joues en commençant par la droite, contrairement au Québec. Aussi, encore contrairement à nous au Québec, les hommes embrassent seulement les autres hommes et on se contente de la main pour les femmes. Peut-être qu’il en va différemment pour les intimes, mais c’est devenu notre rituel. Et quand l’homme qu’on salue est un intime, on peut se permettre quatre becs.

Au bout d’un certain temps, tout le monde y est et le fiancé sort tout chic. Les femmes heureuses se mettent donc la main devant la bouche en criant de manière aigüe « Alélélélélélélélélé! » Certaines femmes tiennent des paniers avec des cadeaux, un cousin se charge du gâteau quatre étages qui peine à la chaleur et d’autres apportent des valises avec des vêtements en cadeau.

Dans les chemins montagneux, le cortège du fiancé se met donc en branle. Samuel et moi nous chargeons des photos et de la vidéo. Apparemment que nous avons quelques traits tunisiens, car une femme demande de qui dans le quartier nous sommes les enfants. Il faut croire que quand on se contente des salutations d’usage, nous pouvons faire semblant!

La marche des fiançailles dure donc une quinzaine de minutes dans les roches, la terre sèche de la saison qui attend la pluie et les dénivellations du quartier Ouled Amor de Tabarka. Les femmes plus âgées ne semblent pourtant pas s’en plaindre… Il faut aussi éviter les épines des nopals, cactus à rameaux plats produisant les délicieuses figues de barbarie.

Le gâteau écrasant sous la chaleur, mais résistant toujours, ouvre la marche et arrive chez la fiancée. Là, attend la famille de la femme promise. Dès que nous entrons dans la cour, les gens se massent sur la piste de danse pendant quelques minutes et les femmes en âge d’être mères crient avec joie « Alélélélélélélélélé! » Elles semblent se remémorer des souvenirs, vivre par procuration le bonheur amoureux d’une autre ou espérer leur propre fiançaille.

Peu après, une table pour vingt-cinq personnes a accueilli cinq ou six services de convives. Les hommes d’abord — nous étions du premier service — les femmes et les enfants. Il y avait pour tous, pain, couscous au bœuf, pastèque, omelette et méchouia.

Après le repas, nous sommes retournés sur la piste de danse. Les femmes prennent le contrôle de l’espace et les hommes repeuplent à leur tour quelques chansons plus tard, mais très rarement nous assistons à une mixité des danseurs. Et plus la soirée avançait, plus les curieux du quartier se joignaient à la fête dans un espace beaucoup trop petit pour offrir un espace vital convenable. Seule solution pour avoir plus de place : la piste de danse moins dense… Quelques hommes nous demandent donc de les accompagner. Ce que nous n’avons pas dit c’est que la piste aussi est minuscule et elle est entourée du piédestal où siègent les deux jubilaires et d’une soixantaine de chaises de plastique où sont entassées les femmes mariées et les enfants. Nous étions six à danser pour au moins une centaine de paires d’yeux qui ne faisaient que regarder comment nous bougions. Parfois, en voyage, on veut s’immiscer dans la culture locale, mais cela signifie donc qu’il faut accepter se mêler aux autres, parfois moins discrètement!

Ayant contenté les Tunisiens qui n’attendaient que nos pas de danse en guise d’appréciation de leur invitation, nous avons quitté la fête vers 23 h 30. Nuit de montage vidéo, de ménage et de remballage des souvenirs. Nous vous écrivons actuellement de l’aéroport de Tunis où nous bouclons notre premier séjour. Prochaine étape, départ vers Casablanca et arrivée à Cotonou à 5 h 30, le vendredi 2 septembre. Et là, la couleur de notre peau ne nous laissera plus aucune chance, nous deviendrons les Yovos, les Blancs!

Jean-Philippe et Samuel

Le Québec en voyage
1) Royal Air Maroc diffuse des gags Juste pour rire! à Montréal.
2) Pour les mordues de séries télé, même en Tunisie, vous pouvez regarder sur TV5 Monde Les hauts et les bas de Sophie Paquin et pour Fanny Fortier, version originale québécoise sous-titrée en arabe!
3) Pour que tu m’aimes encore! Oui, nous avons encore une fois entendue Céline à l’étranger…

À la suite de vos commentaires…
Merci pour la comparaison avec les têtes à claque. Étant donné que cette coupe n’était pas mon choix, je le prends en humour!

5 commentaires:

  1. Salut les gars, merci encore pour cette soirée mémorable. Mais vous voyez, t'as bien fait J-P de te faire couper les cheveux à Tabarka. C'est à cause de cette coupe que les gens pensaient que vous étiez tunisiens! Maintenant rendu ailleurs, comme vous dites, ce sera plus difficile de passer pour des gens de la place.

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  2. À nous faire raconter toutes ces traditions, je suis davantantage mélancolique tant qu'aux nôtres qui s'atténuent à plusieurs égards d'année en année.

    Belle histoire, mais une grande surprise... les gars vous faîtes repasser vos chemises ?????? :-))

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  3. JP faudra te faire friser au Bénin ou porter les cheveux rasé... Je veut voir le vidéo de Samuel. Y a t il une façon de pouvoir le mettre en ligne via Youtube? JP oublie pas que je veut des recettes.

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  4. "As-tu des nouvelles de Sam ???"

    On me la pose souvent, cette question ! Et moi, un peu dans le tourbillon de l'été, je réponds: "Curieusement, j'ai pas beaucoup de nouvelles ! Il doit être en Tunisie... "

    Encore faudrait-il que je sois abonnée à votre blogue ! Me semblait aussi !

    C'est maintenant chose faite, et je viens de me régaler de toutes ces anecdotes (mention spéciale pour la coupe Playmobil, et le baptême au AXE ;)) et ces photos !

    Merci de nous faire voyager avec vous ! Bonne arrivée au Bénin !

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  5. toujours aussi palpitant votre voyage
    changement de moeurs et changement alimentaire
    le bonheur est souvent dans la simplicité et l'amitié

    je suis allé passer 3 jours formidables à l'Inteval, on a eu beaucoup d'activité extérieure en nature et des nuits folles. Réveil à 7 heures et coucher entre 4 et 5 heures du matin sous les tambous brésiliens et la musique endiablée.
    Site magnifique, belle énergie des personnes présents, chaleur humaine et très bonne bouffe. Personnel de 20 bénévoles engagés. Ce paradis des Laurentides deviendra mon pélerinage annuel.
    En passant, j'ai rencontré ici à Longueuil une vietnamienne gentille qui occupe mes loisirs et m'aide à passer le temps...
    Bonne poursuite les amoureux..
    Baci XXX

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