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mercredi 26 octobre 2011

Une occasion magnifique pour une poule de mourir


Vous avez déjà vu des photos des poules de Pascal, mais nous ne vous en avons pas encore parlé. Depuis notre arrivée, ces petites bêtes étaient appelées les poules de Pascal, parce qu’elles lui avaient été offertes au mois d’aout comme animaux de compagnie. Par contre, il faut dire que les trois poules se sont finalement révélées être : deux poules et un coq. Comme un adolescent tentant de développer sa virilité, notre cher coq tente désormais d’impressionner ses petites poulettes depuis deux semaines maintenant en bombant le torse, en déployant sa crête et en grandissant un peu plus rapidement qu’elles. Toutefois, son chant est loin d’avoir atteint la crédibilité nécessaire pour se faire appeler coq, sortant sec et carré, sans puissance et sans finition. Il a donc l’air d’un adolescent en train de muer tout en se croyant plus mâle que les autres mâles…

Que font les poules et le coq durant la journée? Elles picorent des je-ne-sais-quoi devant le portail de la maison. Une seule arbore un bout de tissu pour être identifiée à la famille dans la vons; les deux autres suivent de toute manière… Mais chose certaine, une poule, c’est fidèle à sa maison. Jamais elle ne s’éloigne durant la journée. Si elles ne sont pas dans l’enceinte de la maison, vous les verrez à courir les insectes et à manger tout ce qui attire leur attention dans le sable devant la maison. Le soir, Pascal les prend et les met en dessous d’une bassine de plastique qui leur sert de cage. Notre coq est d’ailleurs assez peu crédible quand il commence à chanter en dessous de cette bassine dans le fond de la cour. On l’entend résonner dans du plastique…

Dimanche soir dernier, alors que nous mangions dans la cuisine, peu de membres de la famille rôdaient dans les parages. La poule noir et blanc a donc senti que c’était le moment rêvé pour faire un petit saut à l’intérieur. Malheureusement, il y avait les deux Yovos qui mangeaient et qui l’ont vu rentrer. « Paaascaaal! » « OUIII », dit-il au loin. « Il y a une de tes poules qui fait la touriste! » En moins de deux, Pascal entre dans la maison et il ressort du salon calmement en tenant la poule qui jacasse par les deux ailes relevées en haut. Pas de chance pour elle cette fois-ci…

Peu après la fin de notre repas, Samuel demande à Pascal où se trouve la poule qui est entrée dans la maison. Pascal n’a que des nouvelles du coq qui s’est roulé dans une marre d’eau selon lui. Il est donc tout mouillé et il grelote comme un animal qui ne savait pas qu’il ne devait pas se mouiller dans le fond de la cour. Notre cher coq en prend donc un coup sur son orgueil; il a plus l’air du p’tit canard à la patte cassée que du viril coq qu’il tente de devenir depuis quelques jours… Ses poulettes l’ont peut-être désertée, peu impressionnées par son attitude d’adolescent immature! Chose inhabituelle, mais possible… Nous commençons donc à les chercher. Pas de trace, nous les laissons donc tranquilles encore un peu. Elles reviendront surement toutes seules.

La soirée continue donc et nous allons manger un « tifoi » avant de revenir pour terminer la soirée. (À vous de deviner, vous saurez bientôt ce qu’est le « tifoi »…) En revenant, on remarque que les poules ne sont pas encore rentrées à la maison. De plus en plus inquiets, nous faisons un nouveau tour de reconnaissance. Une quinzaine de minutes plus tard, notre angoisse se transmet à la maisonnée et maman se joint à nous trois pour chercher la volaille manquante. Au bord du portail, toujours pas de trace des poules. Pourtant, nous ne les perdons jamais de vue.

Étape suivante : élaboration des scénarios les plus catastrophiques! Nous commençons donc à nous demander si elles se sont fait frapper par une moto. Non, elles se sont peut-être fait voler comme la nuit est tombée! Sinon, devenues adultes, elles ont peut-être hérité du gêne-de-la-poule-rebelle… Armés de notre lampe de poche, nous parcourons donc la cour à nouveau. Pas de poules. Maman prend la lampe de poche et regarde aux endroits où Pascal est passé auparavant. Devant la maison, sur le côté, dans la cour, près du puits. Maman ne voit rien. Près du puits. Sur le puits!!!

Jean-Philippe remarque qu’une masse noire sur la barre de métal retenant la poulie du puits semble être une poule. « Maman, regarde sur le puits. » En moins de deux, avant que nous puissions élaborer une stratégie pour l’enlever de là sans qu’elle tombe dans le puits, maman se place derrière la poule, tend sa main à la vitesse de l’éclair vers l’avant pour l’empoigner sur le dos dans un élan intemporel. En moins de temps qu’il le faut pour comprendre ce qui s’est passé, on entend des jacassements de poule et maman nous regarde fièrement : « Je l’ai attrapée! » OUF, nous avons rescapé la poule que nous allons porter en dessous de la bassine de plastique avec le coq. Un coq, une poule, deux poules. Non, une poule! L’autre poule! Sans en parler, Samuel pointe la lampe de poche dans le fond du puits, qui doit bien faire 20 mètres de profondeur. Avec le peu de lumière qui arrive au fond, Jean-Philippe remarque que l’eau bouge, alors qu’elle ne le devrait pas… Un petit point noir fait des clapotis à la surface de l’eau. Non sans danger pour elle aussi, la première poule voulait-elle donc nous lancer un message à propos de sa compagne en se perchant sur le puits?

La mission de secours de maman fut donc très brève à côté de celle qui s’annonce alors. Comment faire? Le sac de caoutchouc qui pend au bout de la corde ne suffit pas à faire pénétrer une poule dedans. En plus, sans lumière presque, il faut maitriser un sac pour puiser une poule à 20 mètres de profondeur. Non, pensons à un autre plan. Pascal commence à s’inquiéter sérieusement, lui qui s’occupe de ses poules tous les jours comme un enfant chez nous prend soin de son chien. Et là, sans nous parler, nous nous disons dans notre tête avec émotion et attachement envers notre trio : « Allons-nous assister à la noyade d’une de nos trois poules en direct… » Courage, c’est le plus important pour le moment!

Décidée à réussir sa deuxième mission, maman revient avec un panier en plastique troué. Comme les maçons n’ont pas tout utilisé les dalles il y a un mois, nous en mettons une dedans pour que le panier troué puisse caler un peu dans l’eau. Et là, comme des sauveteurs de mineurs chiliens, nous descendons lentement la corde vers le fond du puits. Il faut faire attention! Imaginez que nous lâchions le tout et que la poule reçoive le panier sur la tête… Voilà, nous la noyons illico et c’est fini! Non, doucement… Le panier arrive finalement à la surface de l’eau. Nous demandons alors à Pascal de nous laisser faire pour qu’il ne se penche pas trop vers le bas pris de panique et se retrouve lui aussi avec sa poule! Si la poule a du faire une drôle de chute pendant 20 mètres à battre des ailes et en jacassant, lui aurait moins de chance… Suite du sauvetage sans Pascal donc.

Jean-Philippe prend donc la corde entre ses mains pour commencer à jouer à ce concours d’habileté. Faites le calcul. Avec la circonférence du puits et cette profondeur, on ne bouge pas le panier aussi aisément. Samuel éclaire donc du mieux possible. Jeu d’arcade à La Ronde ou épreuve à Fort Boyard, à vous de choisir votre comparaison… Entretemps, nous voyons une petite masse qui parcourt nerveusement la paroi du puits avec constance et esprit de survie. « Ça y est, je l’ai! », dit Jean-Philippe. « Je la vois dans le fond du panier! » Avec désolation, il se rend compte que ce n’est que la dalle des maçons.

Le travail d’équipe se poursuit donc avec un peu de nervosité. Et dans un mouvement d’entraide et de bravoure, maman tire sur la corde qui fait aller le panier vers le béton, coinçant la poule! Jean-Philippe laisse immédiatement couler le panier pour éviter d’écraser la poule avec le peu d’énergie qui lui reste. Plus de mouvement, rien…

Finalement, Samuel lui dit de regarder à 6 heures. Oui, elle n’a pas encore coulé, nous avons toujours une chance. Avec de la patience et maman à l’écart, Jean-Philippe finit par remonter une masse plus grande que celle dans le fond du panier au départ. Et là, maman se met à hisser le panier de toutes ses forces et à vive allure. Pendant ce temps, Samuel éclaire et Jean-Philippe empêche la corde de frapper contre les parois. « Oui, c’est elle! », confirme Samuel. Jean-Philippe dit donc à Pascal de se préparer à la prendre quand elle arrivera pour qu’elle ne saute pas à nouveau dans le fond. Elle arrive. Pascal la prend et la met hors de danger. Mission accomplie! Ouf, la poule est sauvée! La poule est sauvée!

Secourisme 101 : nous nous dépêchons de la mettre dans du tissu pour qu’elle sèche et qu’elle se réchauffe. Les plumes mouillées, son volume a réduit de presque moitié… Pendant ce temps, maman se bidonne de nous voir tant nous démener pour une poule. Elle apprécie certainement notre touche de sensibilité qu’elle n’a pas développée de la même manière que nous. Après une vingtaine de minutes à la sécher et à la réchauffer, nous finissons par la mettre sous la bassine de plastique, au milieu du coq et de sa consoeur poulette. Ne reste plus qu’à espérer qu’elle passera la nuit maintenant…

Ce matin, si vous les voyiez! Les trois poules picoraient tout aussi calmement que la veille. Personne ne pourrait se douter du drame qui s’est joué la soirée précédente… Et même si c’est juste une poule, laissez-nous vous dire que nous sommes maintenant plus attachés que jamais à ces bêtes!

Voilà donc une poule qui a manqué une occasion magnifique pour mourir…

À la suite de vos commentaires…
Malheureusement, la solution des chèques de voyage n’en est pas une au Bénin. Honnêtement, nous n’en avons jamais fait l’expérience, mais nous doutons que ce soit une pratique courante dans les banques.

jeudi 20 octobre 2011

Chronique de la maison qui rend fou - Le guichet automatique


Il y a de ces absurdités dans la vie qui nous laissent pantois. Parfois, un épisode de notre vie semble si inusité qu’on en vient à se dire : « Si ça se passait dans un film, ce ne serait même pas crédible tellement ça ne se peut pas. » Au Bénin, ces situations-là se passent con-ti-nu-el-le-ment. Laissez-moi vous partager cette savoureuse anecdote qui vient tout juste de m’arriver. (Aujourd’hui, c’est Samuel au clavier.)

Au Bénin, ceux qui n’ont pas d’argent ont la misère des pauvres. C’est une misère bien amère à porter et une angoisse qu’on croise tous les jours dans la rue. Mais aujourd’hui, j’ai vécu la misère de ceux qui ont de l’argent, beaucoup moins prenante il va sans dire; une misère de pacotille, futile, mais drôle à souhait. Ici, il faut prendre les choses avec le sourire, c’est vital.

Quand on a la chance d’avoir de l’argent en épargne dans un compte de banque au Bénin, on fait partie d’une certaine élite. On est considéré, à raison, comme riche. Celui qui arrive à épargner ici, ne serait-ce qu’une poignée de francs, est déjà bien au-dessus de la moyenne. Mais seulement, sommes-nous vraiment en possession de cet argent encore fictif, coincé dans un serveur informatique quelque part dans le cyberespace international? Ici, on en vient à en douter…

Pour couper dans la prémisse, je serai bref. La mère de Fred, qui a la gentillesse de nous préparer les repas tous les jours, n’a pour ainsi dire pas de coussin financier ni d’épargne, comme une grande partie de la population. Elle se doit donc d’attendre notre contribution hebdomadaire pour la nourriture afin d’aller faire les courses. Nous avons eu vite fait de réaliser que ça n’avait aucun sens qu’elle se déplace au marché aussi régulièrement alors qu’elle pourrait acheter tout en gros, pour beaucoup moins cher et pour plus longtemps. Nous avons donc convenu de lui verser notre contribution nourriture/loyer à intervalles plus espacés, mais en plus gros versements, ce qui lui permet d’avoir l’argent de roulement nécessaire pour acheter en gros.

Aujourd’hui, je dois donc retirer 400 000 francs CFA pour payer maman et pour nos dépenses personnelles courantes. Que fait-on quand on veut retirer de l’argent? On va au guichet automatique. Il y a justement une Écobank juste à côté de chez nous…

Guichet 1 – Écobank, grande mosquée
J’entre dans le guichet. J’insère ma carte VISA. J’entre mon NIP. Le guichet me répond «Temporairement hors service. Veuillez essayer plus tard.» Le guichet recrache ma carte. Zut! Pas de panique, ça arrive souvent avec ce guichet. J’appelle Fred pour le tenir au courant de la situation. Il vient me prendre en moto et nous nous dirigeons vers le siège social de Écobank à Porto-Novo. Mais avant, pourquoi ne pas essayer sur le même chemin le guichet qu’il y a au centre Songhaï? (Songhaï se méritera un article à lui seul un de ses jours…)

Guichet 2 – Écobank, Songhaï
J’approche de la porte derrière laquelle se trouve le guichet et je trouve un mot. « Distributeur hors service. » Bon, ça y est! Ne perdons pas de temps. Enlignons le siège social et ça presse!

Guichet 3 – Écobank, siège social
J’entre dans le guichet. J’insère ma carte VISA. Je rentre mon NIP. Yé! On me demande le montant que je veux retirer. 400 000 francs CFA. Enter! « Voulez-vous un reçu? » Oh que oui! En Afrique, on n’a jamais trop de preuves et de papiers officiels. Après tout, on ne sait jamais… J’entends les billets se faire compter par la machine. Re-Yé! Le guichet recrache ma carte. Ici, les guichets donnent la carte avant de donner l’argent, ça évite de toujours l’oublier. Je reprends ma carte. J’attends l’argent. J’entends des mécanismes dans le guichet. C’est anormalement long. L’argent ne sort pas… Ben voyons! J’entends les entrailles du guichet compter les billets une seconde fois. Bon, il y avait peut-être une erreur dans le premier comptage… J’attends. J’entends des mécanismes et un reçu qui s’imprime. Le reçu sort. L’argent ne sort pas! Sur le reçu, je peux lire : « Retrait du compte crédit : 400 000 FCFA. Complété avec succès. » Noooonnnn! C’est pas complété avec succès!!! La t*****k de machine vient de me bouffer 900 dollars canadiens! Je fonds.

En proie à l’hystérie, j’appelle le gardien de sécurité. « smack!, smack! » (Ici, on appelle les gens en faisant bruyamment le même son que quand on donne un gros bec exagéré.) Il me fait passer en priorité au comptoir. J’explique le truc à la dame devant moi. Heureusement que j’ai un reçu en guise de preuve! Qu’est-ce que je disais déjà tout à l’heure? « Après tout, on ne sait jamais »? En effet, on ne sait jamais! C’est d’autant plus vrai ici.

La dame envoie un rapport à ma banque. Je dois moi aussi appeler de mon côté pour dire qu’il y a eu un « Débit à tort ». La caissière me dit : « Voilà monsieur, c’est fait! » Et elle me redonne ma carte VISA et mon reçu. Je lui demande donc : « Je peux avoir mon 400 000 francs maintenant? » « Non. Pas tout de suite, ce sera de retour dans votre compte dans une semaine environ. » Je comprends alors que mon compte a été débité de 900 $ au Canada, mais que je n’ai pas accès à cet argent tant que le fameux « Débit à tort » n’a pas été validé au Canada. Je suis déconfit.

Heureusement qu’il me reste un coussin dans mon compte et que je peux retirer une autre fois le 900 $ en question sans être dans le rouge. La dame me dit : « Vous pouvez essayer encore au guichet s’il vous reste des fonds. » Oh non! Pas question de réessayer avec ce guichet cannibale! J’exprime mon désaccord. Elle dit : « Vous pouvez aller aux autres Écobank de la ville » « Tous les autres guichets Écobank de la ville sont hors service, Madame! » « Alors il faut essayer une autre banque. Allez à la Société Générale ou à la Bank of Africa. » Quand c’est rendu qu’une banque suggère d’aller chez ses compétiteurs, pouvez-vous imaginer à quel point il y a des problèmes dans la fiabilité des services bancaires, ici? On repart à travers la ville.

Guichet 4 – Banque Société Générale
Je descends de la moto et me dirige vers le guichet automatique. Le gardien m’appelle. « Ssss! Ssss! » (Ici, on peut aussi appeler les gens en imitant le bruit du serpent par petite saccades.) Le gardien me dit qu’il faut revenir ce soir. C’est suffisant pour que je comprenne que ce guichet est lui aussi hors service.

Guichet 5 – Banque saoudienne dont j’oublie le nom
J’entre dans le guichet. Yé! C’est écrit qu’ils acceptent les cartes VISA. J’insère ma carte. J’entre mon NIP. J’attends. J’attends. J’attends. Le guichet recrache ma carte. « Merci pour votre transaction. » Nooon! J’ai pas fait de transaction!!! À ce moment, j’espère juste que VISA n’a pas bloqué ma carte au Canada parce qu’ils voyaient que quelque chose ne tournait pas rond… Je vais voir un commis au comptoir. « C’est quoi votre carte, monsieur? VISA? Ah, c’est normal. On n’accepte pas encore VISA, ce n’est pas encore en fonction. » « Fred! Ça pas encore marché! » Pout, pout, pout; la moto sillonne encore la ville…

Guichet 6 – Banque africaine quelconque affichant un symbole de VISA
J’entre dans le guichet. J’insère ma carte VISA. Le guichet recrache ma carte. « Carte non acceptée. » Je bous! Je suis rouge! Mais pourquoi donc afficher un symbole de VISA si le guichet n’accepte pas les cartes VISA?!?

J’ai de l’argent! J’en ai plein! Et je ne suis même pas capable d’y avoir accès! C’est pas que j’ai pas d’argent! J’en ai! J’en AI! C’est juste qu’il y a pas un « Christie » de guichet qui fonctionne dans la ville. Quand ils sont pas hors service, ils sont cannibales ou menteurs! Serait-ce une conspiration des banques pour nous dépouiller? Pour que notre argent reste à jamais dans leurs coffres ou dans le ventre de leurs guichets cleptomanes? J’en viens à me le demander sérieusement. Je ne me suis jamais senti aussi tributaire des grandes institutions qui ont le pouvoir de décision si, oui ou non, j’aurai mon argent! Je veux mon argent! Je veux mon argent, bon!

Guichet 7 – Bank of Africa
Sept, c’est à peu près le nombre total de guichets dans Porto-Novo. Vous imaginez mon stress monter?
J’entre dans le guichet. J’insère ma carte VISA. J’entre le montant. 400 000 francs CFA. Enter! «Voulez-vous un reçu?» « OUI! » La machine compte les billets. Je ne me réjouis pas encore. Le guichet recrache ma carte. Le guichet recrache les billets! Je compte. Tout y est! Vous vous direz : «Enfin, tout rentre dans l’ordre normal des choses». Pas tout à fait. Au Bénin, « l’ordre normal des choses » est une des notions les plus floues que j’ai vues de ma vie. Un guichet parfait à Porto Novo, je doute fort que ça existe puisque même ce gentil guichet qui m’a recraché les billets tant attendus n’a pas daigné recracher de reçu…

Ne nous enorgueillissons pas trop vite cependant, avec nos institutions financières occidentales. En effet, lorsque j’ai appelé le fameux numéro VIP, À FRAIS VIRÉS, 24 HEURES SUR 24 que VISA Desjardins m’avait donné avant mon départ « pour toute éventualité à l’étranger », le gars à l’autre bout du fil n’a pas su me répondre autre chose que : « Bon là, vous avez appelé trop tôt, il est 6 heures et demie au Canada et le service à la clientèle n’est pas encore ouvert. Il faut que vous rappeliez dans une heure et demie. » Service 24 heures sur 24? Tout un service! Je n’ai d’ailleurs pas encore compris l’utilité de payer le monsieur qui m’a répondu pour répondre au téléphone et dire de rappeler quand le service à la clientèle régulier sera ouvert… Je me demande même si je n’ai pas personnellement réveillé un gars du service à la clientèle qui s’était endormi sur son temps supplémentaire.

Le monde est une énorme maison qui rend fou!

dimanche 16 octobre 2011

Le Bénin en 5 sens - Le gout du Bénin


Lorsqu’on arrive en pays nouveau, on perd tous nos repères. Dès le hublot de l’avion, en pleine altitude, les repères visuels se transforment; parfois le paysage est couvert d’eau, d’autres fois on survole les montagnes majestueuses ou les villes qui ressemblent à des maquettes de poupées. On atterrit et la porte s’ouvre sur un courant d’air qui nous entoure, laissant deviner le nouveau climat dans lequel on plonge. Puis, une fraction de seconde plus tard, c’est la première inspiration; le corps assimile de nouvelles odeurs dans lesquelles on évoluera. Petit à petit, on prend contact avec la langue du pays, l’activité des humains, le tumulte des routes qui nous mènent à notre premier lit en terre étrangère; les sons changent. Une fois arrivé, fatigué du vol, en nage, on ne pense plus qu’à une seule chose : manger!

Peut-être l’aurez-vous deviné, vous aurez droit ici au premier article d’une série de 5 sur les sens qui, nous l’espérons, vous feront vous aussi voyager en sol béninois.

Notre premier contact avec la nourriture s’est fait à l’image du pays : de façon imprévue et hospitalière. Nous étions en fin d’avant-midi, forts de 24 heures sans sommeil. Fred nous promenait déjà à travers le quartier alors que nous, nous ne pensions qu’à rentrer pour manger et dormir! C’est alors que nous rentrons chez Bibi (pour ceux de notre génération, non, il n’a pas les cheveux verts), un ami de Fred, où sa mère termine la préparation du repas. Alors que nous croyons faire une simple visite de courtoisie, en moins de deux, trois couverts sont déjà sur la table et Fred nous serre une grosse cuillerée de pâte nappée de sauce et de poisson. Bien sûr, le gargantuesque repas d’accueil de maman nous attendait aussi sur la table à la maison lors de notre retour, 30 minutes plus tard! Heureusement que nous nous étions exercés à étirer notre estomac en Tunisie pendant le ramadan!

Vous voici introduits à la base de toute l’alimentation béninoise. La pâte se décline à l’infini. Il n’y a pas un jour qui passe sans en avoir sur la table pour le souper. Il faut s’imaginer une polenta bien prise ou des pommes de terre en purée très épaisses. Elle est faite de maïs, de manioc ou d’igname et pour chacune de ces bases, il y a différentes façons de l’apprêter. Elle est multiculturelle; parfois blanche, parfois noire; fraiche ou fermentée; granuleuse ou gélatineuse. Par-dessus, on verse une sauce généralement à base de tomates, d’ognons, d’ail, de gingembre et de piments écrasés. Une seconde sauce en plus petite quantité est également présente pour agrémenter la pâte. Il s’agit de la sauce gluante. Elle est faite d’une plante nommée krin-krin qu’on fait bouillir longtemps. Le résultat est une sauce vert foncé au fort gout d’épinards. Mais la particularité de cette sauce, c’est que c’est plus la texture que le gout qui prime en bouche. Comment dire… Pour reprendre l’expression de Léopold, trésorier d’Anayi pour les kakis : « Ça glisse tout seul au fond de la gorge. »

Comme pièce de résistance, un morceau ou deux de poulet, de poisson ou les rares jours de chance du fromage, le seul que le Bénin produit. Le poulet est généralement frit ou très frit. Parfois, nous n’avons droit qu’à l’extrémité des ailes en surnombre ou à un morceau non identifiable du dos de l’animal. Le poisson peut être frit, très frit, fumé ou très fumé. Quand il est frit, il se conserve 3 jours à la température de la pièce, ce qui est bien pratique pour maman qui prépare à tous les jours. Le poisson fumé s’achète au marché, il est noirci, ne goute que la fumée et il est enroulé sur lui-même, queue à la bouche. Peu importe la méthode de cuisson, c’est tellement cuit à fond, que même les arrêtes deviennent comestibles, presque tendres. Le poisson nous est servi soit : enroulé sur lui-même, en entier, en morceau de tête, en morceau de tronc ou en morceau de queue. Bref, même si on mange du poisson presque tous les jours, il y a un brin de variété à chaque fois qu’on ouvre la casserole qui nous est désignée.

Si le souper est une constante quotidienne (pâte, sauce, krin-krin et viande), c’est au diner que nous avons notre excitation quotidienne : « Mais qu’est-ce que ce sera aujourd’hui? » Pour répondre à cette question, aujourd’hui, nous avions au fond de la marmite surprise des pâtes en forme de céréales Honey Comb et des penne avec des légumes, surmontées de pommes de terre frites avec un spounch de mayo et quelques tronçons de poisson. Pour ajouter aux féculents déjà présents, maman a ajouté une petite marmite de couscous aux légumes. En un midi, on a fait le tour de plus de la moitié des accompagnements possibles. À cette liste, il manquait le riz et les haricots. Mais le repas qui nous réjouit le plus, c’est le abobo. Ce sont des haricots blancs cuits à la manière des fèves au lard, mais assaisonnés à l’africaine. Pour les accompagner, on nappe le plat d’une sauce huileuse et tomatée. Pour compléter, on saupoudre de gari, une farine de manioc absorbante qui rappelle l’apparence du parmesan, sans en avoir le gout.

Le matin, maman nous offre souvent de la bouillie avec du pain, des beignets ou des pâtés. Servie chaude, la bouillie est faite à partir 1) de maïs, 2) de mil ou 3) de costarde. À la bouillie de mil, on peut incorporer des feuilles de laurier odorant qui sont si parfumées qu’elles relèguent aux oubliettes notre laurier traditionnel. Pour agrémenter la bouillie, on peut aussi lui ajouter une bonne rasade de Jago. Qu’est-ce que le Jago? C’est du lait concentré sucré fait de 46.1 % de sucre, de 16 % d’extrait sec dégraissé de lait et de 8 % minimum de matière grasse. Pour le reste du 100 %, l’histoire ne le dit pas… Rien à voir avec le lait Carnation. On dit d’ailleurs que, citation lettre pour lettre : « En ajoutant au contenu de cette boite une quantité d’eau égale à une fois et demie au contebtu de Jago cette boite vous obtenez une boisson de composition identique à un lait plus un apport de sucré. Emballé à Malaisie. » Vous remarquerez comme le soleil a l’air heureux sur la photo… Nous attendons vos commandes pour le retour!

Bien que nous ne savons pas ce que notre description a suscité en vous, sachez que maman prépare très bien la nourriture!

Gourmands de nature, nous apprécions également nous permettre quelques extras à l’extérieur de la maison. Lorsque nous voulons nous faire plaisir, nous nous rendons à la cafétéria Reine Élizabeth après le souper. Comme nous irions manger une crème glacée au Québec, nous commandons un lait caillé. Qu’est-ce que le lait caillé? Au début, le mot surprend! On s’imagine un lait suri avec des grumeaux. Ça ne vaudrait bien sûr pas le détour… La première fois qu’on mange un lait caillé, c’est toujours surprenant. D’abord, parce que c’est la nuit et que la lumière ne nous permet pas de voir correctement ce qu’on vient de nous servir. Ensuite, parce que le nom inspire la crainte. Mais pas le choix, pour le savoir, il faut prendre sa première cuillerée. Mais avant, on doit le recouvrir de glace concassée. Le premier gout reconnu est inévitablement la flaque de Jago mise sur le dessus. On comprend alors qu’il faut bien mélanger avant de poursuivre. Les morceaux de glace craquent sous les dents et on se délecte de ce dessert rafraichissant et rassasiant. À la fin de son premier lait caillé, Fred demande à Samuel : « Et puis Sam, ton premier lait caillé, c’était comment? » Et Samuel de répondre : « Ben au fond, si je comprends bien, c’est juste du yogourt? » Fred éclate de rire et réplique : « Nonnn! C’est du lait caillé! » Jean-Philippe, qui semblait avoir oublié que la base du lait caillé, c’est le yogourt, dit alors « Oui c’est du yogourt, mais avec du Jago et de la glace. Ça forme un tout en soi. Tu ne trouves pas? ».

Vous aurez compris que, avec le seul fromage fabriqué au Bénin, le Jago et la quasi-absence du yogourt, les produits laitiers sont très rares. Lorsqu’on a la chance d’en consommer, notre corps trouve ça ridiculement et démesurément bon! Nous sommes si excités qu’on en oublie que c’est certainement le seul fait que ce soit un produit laitier qui nous attire à ce point. Le soir, il y a toujours un moment où, comme un fumeur en manque, on pense à la possibilité d’aller prendre notre lait caillé.

Et pour finir le cœur en fête, on trinque à l’alcool local, le sodabi, fait à partir de noix de palme et terriblement décapant. Les gens qui en boivent régulièrement l’appellent affectueusement « l’eau béninoise ». D’eau, elle n’en a que le nom avec 45 % d’alcool! Difficile de décrire le gout ou la grimace qui suit une gorgée. Citons simplement la maxime béninoise : « Quand tu bois du sodabi, tu te sens homme! » Argggggh!

Sam et JP

P.S. Nous vous invitons chaleureusement à aller voir les photos des plats mis en lien en haut du blogue pour vous donner une meilleure idée. Nous attendons toujours vos commentaires avec grand plaisir.

mardi 11 octobre 2011

Que fait JP au Bénin?

Peut-être vous demandez-vous de quelle manière j’occupe mes journées depuis mon arrivée au Bénin? Pour ceux qui ne le savent pas, la raison principale qui motive ma présence, c’est ma maitrise en sciences de l’éducation. Amoureux du Bénin que je suis désormais, j’ai décidé de faire une recherche réunissant trois passions pour y revenir : le Bénin, l’environnement et l’éducation. Bien que ma recherche ait changé de titre plusieurs fois et que le nom exact risque d’être la dernière chose que je rédige, voici de quoi il est question : Portrait de la situation actuelle en matière d’éducation relative à l’environnement dans les écoles secondaires en République du Bénin. Ça mange quoi ça en hiver me direz-vous…? Je m’explique un peu…

Ce qui m’intéresse dans ma recherche, c’est de savoir ce qui se passe actuellement par rapport à l’environnement dans les écoles secondaires. Pour ce faire, je dois feuilleter les programmes d’études de toutes les disciplines concernées, rencontrer des enseignants, des inspecteurs (ce sont eux qui vont dans les écoles pour superviser le travail des enseignants) et des ONG qui font des activités reliées à l’environnement dans les écoles secondaires.

D’abord, parlons des programmes d’études… Au Québec, c’est assez facile de les obtenir. Chacun d’entre vous peut se rendre sur le site du MELS pour les télécharger en deux minutes et lire ce qui représente en quelque sorte le « manuel d’emploi » des enseignants pour bien saisir ce que le ministère attend d’eux. Pour le Bénin, les choses se compliquent davantage… J’ai tenté tant bien que mal d’obtenir les nouveaux programmes d’études du Bénin au Québec, mais c’était en vain… On ne peut même pas trouver un seul courriel pour écrire au ministère de l’Enseignement Secondaire. Donc, il fallait sagement patienter jusqu’à mon arrivée au Bénin.

Ici, j’ai la chance de compter sur la collaboration précieuse d’une dame qui m’a donné environ le tiers des documents que je devais consulter. Par contre, je dois les lui rendre, car l’a fait en toute discrétion par rapport à ses supérieurs… Je consulte donc les programmes de toutes les disciplines pour tous les niveaux concernés en lisant les passages qui peuvent traiter d’environnement. Puis, je prends les pages en note et je les photographie pour y avoir accès au Québec. Vous imaginez comment il est précieux ce simple téléchargement en quelques secondes au Québec comparativement aux photos que je dois prendre après avoir épluché chaque document… J’ai donc souvent un brin de sympathie pour mon amie Marie-Lise qui se trouve présentement dans les archevêchés à aller fouiller les archives pour trouver de la documentation sur les mariages interethniques autochtones au Québec dans les années… Quand elle lira ces lignes, je compte sur elle pour ajouter des précisions dans la section commentaire de cet article!

Puis, il y a les rencontres avec les enseignants. Au total, ce seront environ 17 enseignants qui seront rencontrés pour un entretien individuel d’une heure dans un premier temps et pour un entretien de groupe dans un deuxième temps. Comment faire pour trouver ces enseignants? Je dois d’abord me rendre dans les écoles pour rencontrer le directeur ou le censeur, responsable de la discipline et de plusieurs autres éléments relatifs à l’organisation scolaire. Avec de la chance, je peux rencontrer quelqu’un qui me recommande les enseignants. Puis je dois ensuite prendre contact avec les enseignants pour leur remettre dans un premier temps un document explicatif. Et dans un troisième temps, nous pouvons nous rencontrer pour un entretien enregistré d’une durée d’une heure.

Si la description semble simple, c’en est parfois autrement sur le terrain. Par exemple, vous allez dans une école et là, on vous demande d’attendre une heure de temps pour finalement ne pas pouvoir rencontrer qui que ce soit. Et là, on vous fixe parfois un rendez-vous et le retard est de mise. Ça vous fait penser un peu à Samuel! D’autres fois, tout va bien et ça roule plus vite que prévu. Mais les démarches pour trouver les enseignants sont beaucoup plus longues que les entretiens. Pour les inspecteurs et les ONG, ça viendra au cours des prochaines semaines…

D’ailleurs depuis une semaine, le rythme a bien changé dans les rues de Porto Novo. Le lundi 3 octobre dernier a eu lieu la rentrée scolaire au Bénin. Les bonnes dames qui vendent la nourriture à la sortie des écoles étaient prêtes à reprendre le travail, servant la bouillie et le riz aux jeunes écoliers le matin. Cela signifie aussi que les vons sont désormais remplis de jeunes habillés de leur uniforme selon l’école où ils vont le matin, le midi et vers 17 h. S’ils fréquentent l’école publique, ils portent l’uniforme kaki et s’ils fréquentent l’école privée, ils portent l’uniforme propre à leur école. D’ailleurs, une a adopté le jean comme pantalon! Et comme certains d’entre vous y ont certainement pensé avec ces dernières lignes, nous vous le confirmons, la remise de kakis se déroulera sous peu! Notre excitation atteint son comble à la venue de cet évènement tant attendu. Cela fera l’objet d’un message au complet d’ici la fin du mois d’octobre…

Justement, le lundi 3 octobre dernier, Samuel et moi avons été invités à la rentrée scolaire d’une école participant au projet Comité environnement. Heureux, nous arrivons dans la cour d’école et nous constatons que c’est plus une période d’inscriptions tardive que de rentrée. Nous qui nous voyions déjà en train de saluer des enfants bien en rangs qui nous récitent l’hymne national béninois, c’est fichu. Et même le directeur qui remplit des reçus aux parents impatients n’a pas le temps de nous saluer. Après 3 minutes nous en avons eu assez et nous sommes rentrés. Pendant les trois premiers jours de la rentrée, nous n’avons pas vu un gamin sur un banc d’école. Par ici les inscriptions ne sont pas finies, par là on attend le résultat des examens de classement… le Bénin, quoi!

La visite dans l’école participante nous a également fendu le cœur. Nous observions les jeunes vêtus de leur nouvelle tenue à la première journée de la rentrée. Pendant ce temps, le censeur et le fondé de l’école – le fondateur – étaient entourés de dizaines de parents. Nous regardions donc la mine des enfants, pour la plupart heureux et fiers de retourner à l’école. Non loin de nous, cinq jeunes du primaire négociaient entre eux pour connaitre le plus courageux, celui qui viendrait serrer la main des deux Yovos présents à leur rentrée. C’est durant cette charmante scène que nous avons vu deux jeunes sortir d’une des classes du primaire avec deux briques sur la tête, à exécuter des travaux dans une des classes avec leur père, maçon. En âge de fréquenter la 6e année, ces jeunes ne participeraient certainement pas à la rentrée dans cette école, ni ailleurs. Ils aidaient plutôt leur père qui exécutait des travaux pour la rentrée. Et je vous jure, leur regard envers les écoliers tout propres transmettait à cent milles à la ronde leur désir de partager ce moment qui ne leur appartenait pas. Au-delà de la tristesse qui nous a envahis, nous avons repensé aux plus de 200 kakis que nous remettrons au nom de tous ceux qui ont participé à la troisième campagne de financement que nous avons organisée avec Mélanie. La pertinence de tout faire pour l’accès à l’éducation pour tous demeure, je vous le jure!

Pour revenir à ma recherche donc, jusqu’à maintenant, les sept entretiens réalisés avec les enseignants sont d’une grande richesse. Les thèmes abordés sont leurs représentations de l’environnement et de l’éducation relative à l’environnement, ce qui se passe dans les écoles en éducation relative à l’environnement au secondaire et quelles seraient leurs recommandations pour le futur.

De manière générale, les enseignants me disent que l’environnement, c’est ce qui nous entoure, notre milieu de vie. Ils ont donc une vision fort pragmatique en me parlant de leur environnement immédiat. « L’environnement, c’est là où nous vivons. » Beaucoup de problématiques abordées sont donc liées à la salubrité des lieux, à la déforestation, à la problématique des sacs de plastique qu’on jette partout dans les rues, au charbon qui sert à préparer la nourriture dans les ménages, à l’érosion côtière, à la pollution de l’air par les motocyclettes, à la pollution sonore, etc. Je trouve cela fascinant d’entendre parler de l’environnement de manière adaptée à une réalité complètement différente de la nôtre. Vers la fin de notre voyage, alors que j’aurai avancé dans mes entretiens, je détaillerai davantage les éléments les plus intéressants pour vous permettre de mieux connaitre certaines réalités environnementales vécues ailleurs. Mais en attendant, je continue à déployer ma soif d’en apprendre pour mieux vous renseigner, à la conquête de découvertes!

Dans un autre ordre d’idées, Samuel vous a parlé de notre éventuelle rencontre avec le Directeur du Cabinet (DC) du ministère de l’Enseignement Secondaire. Le but de notre visite était de nous autoriser à aller dans les écoles pour 1) ma recherche et 2) créer les comités environnement. Vendredi dernier, nous sommes donc rentrés dans l’édifice du ministère où un gardien nous dirige vers l’ascenseur. Nous n’avons qu’à dire : « Le Directeur du Cabinet svp! » et il nous propulse sans plus de question vers le troisième étage. Car ici, la couleur de notre peau vaut toutes les pièces d’identité requises… Dans l’ascenseur, un léger stress s’empare de nous… Lorsque la porte s’ouvrira, que trouverons-nous? Le DC se trouvera-t-il face à nous derrière son bureau? Non, un couloir blanc avec une porte blanche se trouve devant nous. On cogne et on attend. Rien. On cogne à nouveau et on entre. Cette porte donnait plutôt sur un autre couloir immaculé où l’air conditionné nous assure que nous sommes dans un édifice gouvernemental. Le long couloir blanc comporte maintes portes blanches avec des feuilles blanches où l’on a imprimé les titres des personnes qui se cachent derrière ces portes. Nous trouvons celle du DC. Angoissés, nous frappons encore et nous ouvrons, avec la surprise de le voir assis devant nous! Non, finalement, ce sont ses quatre secrétaires qui nous accueillent. Une dame nous accompagne vers une autre pièce où il y a quatre bureaux et des divans. Nous étions pourtant si près de le voir en personne… Nous remplissons donc notre fiche d’invité pendant que nous faisons le constat que tous les bureaux sont munis, oui d’un ordinateur, mais aussi d’une télévision…! Au bout d’un instant, celle-ci vient nous voir pour prendre nos documents et nous demander de repasser le lundi suivant à 17 h, soit hier. Notre rencontre solennelle devra donc attendre…

Avant de vous dire ce qui s’est déroulé hier, il faut aussi dire que nous nous sommes rendus au ministère de l’Environnement cette même journée. Je voulais 1) prendre de l’information générale sur l’environnement au Bénin pour bonifier la problématique de ma recherche et 2) les inciter à s’intéresser aux conclusions de ma recherche. Par contre, ceux-là sont intraitables, il faut absolument une pièce d’identité; notre peau blanche ne suffit pas cette fois-ci.

Lundi, je prends donc le chemin vers Cotonou. (Ceux qui ont déjà lu le message de Mélanie à propos des taxis-brousse, vous pouvez sauter ce paragraphe.) Pour ce faire, je prends le zem vers le marché Ouando d’où partent les taxis collectifs pour Cotonou. Et quand on dit collectif, ça veut dire qu’on rentabilise le véhicule : deux passagers à l’avant (plus le chauffeur) et quatre à l’arrière. Vous vous imaginez bien que quatre à l’arrière, c’est tassé… Le hic, c’est qu’il y a toujours une maman aux fesses bien déployées qui se trouvent sur la banquette arrière à prendre la place de deux personnes. Je monte donc dans le taxi-brousse en m’appropriant au moins la place sur le bord de la fenêtre, défendant mon territoire! Et là, la maman aux fesses bien déployées s’installe à mes côtés, me tassant contre la portière. Je me dis : « C’est pas grave JP, courage, tu as la fenêtre au moins… » Et là, comble de malheur, une deuxième maman au postérieur encore plus élargi s’ajoute à nous! Je sens alors mes hanches se broyer entre la première maman et la portière. Mais la porte n’est pas encore fermée…!! Un jeune homme tente donc tant bien que mal de se mettre contre les fesses de la deuxième maman et de fermer la portière. À ce moment, ce sont mes épaules qui tentent de se joindre par l’avant. Vraiment, tout le long du voyage, je me suis dit « JP, tu es au moins sur le bord de la fenêtre! » Quand j’embarque dans un taxi-brousse avec une maman à l’arrière, j’ai la forte sensation que les droits de l’Homme n’appartiennent plus à tout le monde…

Je me suis donc présenté au ministère de l’Environnement avec mon passeport. On me laisse rentrer illico sur le site. Comme je ne sais pas où aller, je vais au même endroit qu’un homme qui est entré plus tôt. À gauche, un couloir et à droite, des escaliers… Comme le couloir ne semble pas inspirant, je décide de monter. Je me rends au 1er étage et toutes les portes sont munies d’une plaquette noire avec inscription du genre « DEF 2.1 ». Visiblement, le 2e étage sera probablement meilleur pour moi! Après avoir sillonné tout le deuxième étage, toujours pas d’indication d’un secrétariat. Finalement, on me dit que je dois redescendre au rez-de-chaussée pour le secrétariat. Mais le secrétariat, il faut le deviner, car aucune indication claire ne permet de le trouver… Et là le jeu continue pour finalement me faire envoyer à l’étage à tel bureau. J’ai refait tous les couloirs deux fois avant de trouver quelqu’un qui m’indique que le couloir qui a l’air de celui du concierge débouche sur le bureau de la personne que je dois voir. Bien sûr, que sa secrétaire pour m’accueillir… Elle me demande poliment de remettre une demande d’audience pour pouvoir convoquer les gens qui pourront m’être utiles et déterminer une date de rencontre. Je retournerai donc à Cotonou faire une heure de taxi aller et une heure au retour pour remettre un bout de papier.

Au ministère de l’Enseignement Secondaire, je dois cette fois-ci présenter mon passeport. Il faut croire que Samuel et moi devions avoir l’air plus imposants la semaine dernière que moi seul. En plus, pas d’ascenseur pour moi cette fois-ci! J’arrive donc au secrétariat du Directeur du Cabinet et là, on me dit qu’il n’est pas là depuis le matin, malgré le fait que j’avais rendez-vous avec lui. Vous vous imaginez donc que je me suis déplacé à Cotonou pour me faire dire de déposer une demande d’audience à un ministère et de reprendre un rendez-vous avec l’autre. Même si nous avons accès à de hauts fonctionnaires au Bénin, je crois désormais qu’il faut s’armer de patience avant de les rencontrer pour la première fois. À suivre…

À la suite de vos commentaires…
En passant, nous sommes maintenant dans notre chambre depuis une semaine. Les travaux sont terminés et nous sommes bien installés jusqu’à notre départ.

Jusqu’à nouvel ordre, nous n’avons pas entendu parler de la fête de l’Halloween au Bénin. Bien que nous ayons questionné les enfants ici, il ne semble pas y avoir de trace de ce mot dans leur mémoire… Nous le confirmerons à la fin du mois!

jeudi 6 octobre 2011

Que fait Sam au Bénin?


Pour répondre à cette question, il faut reculer de trois semaines. C’est à ce moment que JP et moi avons commencé à retravailler sur le projet qu’il avait esquissé seul il y a 2 ans. Avec nos cours d’éducation relative à l’environnement derrière la cravate, nous avons créé un projet de comités environnement dans certaines écoles secondaires de la ville. JP avait déjà fait l’expérience en 2009 à l’école où il enseignait en tant que stagiaire, mais à une échelle moins grande. Nous reprenons donc le projet en le structurant beaucoup mieux. Et comme Jean-Philippe est déjà très occupé par sa maitrise, je me charge en majeure partie de la conception du projet et de sa réalisation.

Ça consiste en quoi un comité environnement? En gros, c’est un groupe formé d’une dizaine d’élèves du secondaire avec lesquels nous travaillerons pendant tout notre séjour. Les jeunes s’affaireront ensemble à la création de projets visant à améliorer l’environnement du quartier entourant l’école, en impliquant et en sensibilisant les autres élèves et la communauté. Avant notre départ du Bénin en décembre, notre objectif est d’avoir réalisé avec nos écoles respectives une corvée de ramassage de déchets dans le quartier et d’avoir autonomisé suffisamment le comité pour qu’il puisse continuer à travailler après notre départ. Et pour le futur du projet, nous produisons également des fiches pédagogiques afin que toutes les interventions soient structurées sur papier et puissent être distribuées à des individus ayant à cœur la continuité du projet. Ouf! Beaucoup de travail? C’est en plein ça!

Croyez-moi, une activité collective de ramassage des déchets ici n’est pas futile. En marchant dans les vons (les rues de terre battue) en cette saison des pluies, il n’y a pas que les flaques géantes à contourner. Il faut aussi slalomer entre les tas de déchets qui pullulent à longueur d'année. Imaginons que je m’achète des oranges. J’en demande à la vendeuse itinérante dans le vons. Elle saisit une lame de rasoir et se met à soigneusement peler lamelle après lamelle l’écorce verte – ici les oranges ont vertes – et odorante du fruit, si bien qu’il n’en reste que la partie blanche spongieuse. Puis, elle coupe un capuchon sur le dessus et me la remet. Et là, on suce l’orange. On l’écrase pour en extraire le jus et on aspire du mieux qu’on peut par l’ouverture pratiquée. C’est comme ça qu’on mange l’orange ici. Tout ça nous amène à l’épineuse question : où jeter l’orange vide après consommation? Facile! Sur le côté du vons. Une canne à sucre à mâchouiller? On la crache dans le vons. Une canette de jus de fruit vide? Dans le vons! Vous voyez le principe? Piles, emballages en tous genres, sacs de plastique à profusion, rallonges de cheveux synthétiques sans lesquelles les coquettes femmes africaines ne pourraient vivre, restants de table, tout prend le bord de la rue. Quand il pleut, certains tas d’immondices sont inondés et créent des étangs remplis d’une soupe chimique et infectieuse. Et quand les tas sont trop imposants et épargnés par la pluie, facile : on met le feu dedans et tout se vaporise en une fumée épaisse, toxique et râpeuse.

En fait, si vous n’avez pas la « chance » de la famille de Fred qui peut jeter ses ordures ménagères par-dessus leur clôture, dans le terrain vague avoisinant, vous n’avez guère le choix de laisser vos ordures dans le vons. Il existe des services de collecte, mais ils sont payants. Pour plusieurs familles sans le sou, le choix est vite fait entre du pain dans la maison ou les ordures au dépotoir municipal. Faute d’infrastructure gouvernementale, on ne peut pas les blâmer. Et puisque les alternatives comme les poubelles publiques n’existent tout simplement pas, JP et moi sommes nous-mêmes face à la triste évidence qu’à Rome, on fait comme les Romains et nous n’avons d’autre possibilité que de jeter nous aussi nos ordures dans le vons. Coup dur!

Pour revenir au projet, cela signifie qu’il nous faut développer un document de présentation en bonne et due forme, visiter les écoles secondaires du secteur pour leur présenter le projet et espérer que nous en trouvions une chacun avec laquelle travailler. J’épargne les détails concernant certaines ONG qu’on implique dans le truc pour la pérennisation du comité après notre départ, en partenariat. Ce sera surement le sujet d’un autre article que je titrerai, pour citer notre prof Tom Berryman : « Les partenariats qui partent-un-aria »… À suivre…

Approcher une direction d’école quelques jours avant la rentrée scolaire, c’est délicat. Mais on n’a pas le choix. Cette tâche a occupé mes deux dernières semaines. Voici la journée de repérage type.

Il est 8 heures. Le cadran sonne. On descend prendre le petit déjeuner. Une fois sur deux, il y a du thé et du pain. L’autre fois sur deux, c’est de la bouillie et des beignets.

Puis je négocie ma course en zem (les motos taxis) pour aller à une école dont j’ignore l’emplacement et dont je ne connais que le nom. Ce n’est pas grave, il faut toujours au moins réduire le prix de moitié. « 300 francs? Trop cher! C’est pas si loin! 150 francs! »… même si j’en sais rien. En route; une goutte d’eau. Puis une deuxième. Puis une troisième qui nous rappelle que c’est la saison des pluies. J’arrive à l’école juste à temps pour me réfugier dans la guérite du surveillant avant le déluge inévitable. J’ai une pensée empathique pour mon chauffeur de zem qui continue de travailler sous cette douche.

Il est 9 heures 10 minutes. Je demande à parler au directeur. Le gardien me répond : « Le directeur, oui! Il vient! Il va arriver à 9 heures. » Je vous le rappelle, il est 9 heures 10 minutes et il pleut à verse. Ça augure bien…

Dans la guérite du gardien, trois enfants noirs (ça va de soi) et nus me dévisagent sans cligner des yeux, un sourire incroyable aux lèvres. Puis l’un d’entre eux vient flatter le poil de mes jambes en riant joyeusement. Ça fait rire les autres.

Il est 10 heures et demie. Les enfants se chamaillent entre eux. Quand des enfants ne s’intéressent plus au Yovo assis devant eux, ça fait longtemps que tu attends.

Il est 10 heures 45 minutes. Le gardien daigne un regard vers l’horloge au mur et dit : « C’est étrange qu’il ne soit pas encore arrivé. » Quand le gardien s’inquiète du retard du directeur, ça fait vraiment longtemps que tu attends.

Il est 11 heures moins 5. La secrétaire arrive, mais elle n’a pas la clef du bureau. C’est le directeur qui l’a, évidemment! Le fameux homme est enfin appelé. La secrétaire raccroche. « Il a dit qu’il arrive déjà. » Je boue.

Au Bénin, l’expression « J’arrive déjà. » devrait être bannie du vocabulaire. En fait, ça ne signifie pas d’autre chose que « Je ne t’ai pas oublié; j’arriverai. » Ici, le mot « déjà » n’exprime aucunement une rapidité d’exécution; on dirait que c’est plus une convention. L’autre jour, Fred était à Cotonou et revenait à Porto-Novo. Nous l’appelons pour connaitre son avancement. Avec encore 45 minutes de route à faire, le voilà qui nous répond : « Je suis en circulation, là. J’arrive déjà! » Il arrivera à la maison 2 heures plus tard…

Il est 11 heures 45 minutes quand la voiture verte du dirlo freine devant le bureau, sous la pluie torrentielle.

Bien sûr, il serait trop beau qu’on présente notre projet et qu’il soit accepté de suite. Je sais pertinemment que je devrai me farcir au moins une autre période d’attente semblable dans cette institution avant d’avoir une réponse. Et on multiplie tout ce temps par 9 établissements approchés!

Notre projet est cependant toujours très bien accueilli et les gens sont enthousiastes par rapport à la proposition. Le plus grand obstacle à l’acceptation du projet est souvent le petit budget demandé aux écoles, mais c’est essentiel. Pour faire durer les comités dans le temps, il est impératif que l’administration de l’école s’implique financièrement dans le projet dès le début.

La pluie a cessé et j’ai un autre rendez-vous avec une école que j’ai déjà approchée et que je rencontre pour la seconde fois. Mon zem slalome entre les rigoles, les trous de boues, les flaques immenses et les tas de déchets.

Deuxième école, deuxième épisode d’attente dans la torpeur de celui qui n’y peut rien. La directrice me reçoit. Elle est débordée avec la rentrée. Le projet l’intéresse, mais elle aimerait avoir l’aval de la Direction Départementale de l’Enseignement Secondaire, l’équivalent de la commission scolaire chez nous.

Le lendemain, JP et moi allons voir la directrice départementale de l’enseignement secondaire. Elle n’est pas là, évidemment. On retourne le lendemain. Commencez-vous à vous sentir comme dans la maison qui rend fou d’Astérix?

La directrice est là cette fois. Elle nous écoute et dit : « C’est très intéressant tout ça, mais je n’ai pas le pouvoir d’approuver votre projet. » Quoi? C’est la directrice départementale de l’enseignement secondaire et elle n’a pas ce pouvoir? Elle poursuit. « Il faut que vous fassiez la demande au cabinet du ministère de l’Enseignement Secondaire qui me donnera son aval pour approuver le projet. Vous n’avez qu’à aller voir le directeur du cabinet du ministre à Cotonou. »… Quoi?!? Avons-nous bien entendu? Le directeur du cabinet?

Imaginez essayer d’avoir ne serait-ce qu’une connexion téléphonique avec le directeur du cabinet du ministre de l’Éducation au Québec… Et elle, elle nous invite à le rencontrer, comme ça? Sans rendez-vous? Pour un petit projet pilote qui n’implique pas plus de 5 écoles? À quoi sert son poste de directrice départementale si elle ne peut pas filtrer ce genre de petites demandes et si elle doit toujours se rapporter au ministre? Et voici la bureaucratie hiérarchique béninoise! Tout doit passer par le grand patron, ensuite, en dessous, on exécute et c’est tout.

Pour ajouter au burlesque de la situation, la directrice départementale renchérit : « Je vous donne son numéro de portable, mais il répond rarement aux gens qu’il ne connait pas. » Elle nous dicte le numéro. JP et moi nous regardons. Vient-elle vraiment de nous donner le numéro de cellulaire du directeur du cabinet? Eh oui! Et comme une surprise ne vient jamais seule, elle poursuit : « Je vous donne aussi celui du directeur des ressources humaines, lui il répond à n’importe qui. » Et vlan! Un deuxième numéro en poche.

L’organisation de ce projet est encore parsemée d’anecdotes, mais ces quelques encas vous montrent bien à quel point le Bénin évolue dans une réalité complètement différente de la nôtre. Une réalité absurde et burlesque, presque risible de naïveté. C’est fou comme on rit au Bénin. Les situations qu’on voit ici et là sont un éternel feuilleton américain qui évolue beaucoup plus rapidement que Shree!

Qu’en est-il de la visite chez le directeur du cabinet? Nous y allons vendredi. Vous devrez attendre pour les développements!

Ne vous en faites pas, vous saurez très bientôt Que Jean-Philippe fait au Bénin?

À la suite de vos commentaires…
Vraiment, les commentaires sur la bière ne cessent… Mais puisque vous nous le demandez, la bière qu’on trouve au Bénin soule aussi bien que toutes les bières du monde. Ce sont généralement des bières légères de style Corona et Heineken. Les noms sont divers : Castel, Pils, 33, Flag, La Béninoise… Il y a quelques bières plus fortes et plus foncées comme la Guinness, mais c’est tout de même une version allégée de la Guinness qu’on a chez nous. Il y a aussi la Beaufort Togo et la Awooyo, aussi du Togo, que les locaux semblent fuir : « Ouh là là! Beaufort Togo, c’est beaucoup trop fort! Tu seras soulé! » Avec 6.9 %, c’est vrai qu’elle est plus forte que la moyenne, mais pas de quoi la fuir comme la peste! Par contre, la bière se commande à la grosse bouteille. Il faut donc consommer moins de bouteilles… Santé!

Cette semaine, pour un petit extra savoureux sur les détails concernant « comment négocier son zem et autres histoires liées au transport », je vous invite à aller lire ou relire cette amusante chronique que Mélanie avait écrite il y a un an : Se déplacer au Bénin c'est...