Lorsque je vais dans les établissements scolaires, je dois remettre des documents aux enseignants ou aux directions d’établissements. Il faut donc faire imprimer mes feuilles et les photocopier. Pourquoi ne pas me contenter de les imprimer? La raison est fort simple… Sachant que le taux de change est de 450 FCFA/1 $ et qu’il en coute 150 FCFA pour imprimer une feuille et entre 10 et 15 FCFA pour la photocopier. Comprenez donc que ce n’est pas rentable de ne faire qu’imprimer; mieux vaut photocopier. Mais à quel prix vraiment?
L’autre jour, accompagné de mon assistant Fulbert, je prévois aller visiter des écoles à l’extérieur de Porto Novo en milieu rural. Ayant toutefois revisité le document que je remets aux enseignants, je dois le faire réimprimer avant de quitter Porto Novo. Tout bonnement, nous partons avec ma clé USB, espérant illusoirement que nous serons vite sur le chemin des écoles. Ce serait sous-estimer les obstacles qui peuvent se dresser sur ma route…
Imprimerie no1
D’abord, il faut dire que les petits commerces qui s’occupent de faire imprimer et photocopier se trouvent très facilement. Ce qui est difficile à trouver, c’est plutôt du matériel de qualité. En fait, la majorité de ces petits commerces arborent fièrement des imprimantes de couleur jaunâtre, originalement je ne sais de quelle couleur? D’abord, je vais au coin de notre vons pour faire imprimer mon document, car je sais que l’imprimante est de qualité. Chose faite, je ne peux pas photocopier à cet endroit, car la photocopieuse va laisser des traces non imprimées. Nous payons donc la maman et nous allons à la recherche d’une photocopie de qualité.
Imprimerie no2
En route, Fulbert me pointe du doigt un endroit. Je lui réponds : « Non, ici leur photocopieuse ne fonctionne pas bien! »
Imprimerie no3
Puis, nous arrivons dans un commerce que nous ne connaissons pas. Que faut-il faire dans ce cas? Il faut seulement faire une photocopie pour évaluer la qualité. Pas de problème, la première page semble bonne. Je lui demande donc de faire 10 copies de la première page, ce que ne lui pose pas de problème. Mais moi j’en ai un! Le fond du papier est beaucoup trop noirci et rend encore moins propres les feuilles que la première place que j’ai laissée… La femme réduit donc le contraste. Deuxième problème. Elle n’est plus capable de faire sortir une copie avec la marge alignée… Elle place donc sa feuille très droite, mais rien n’y fait. Alors que je lui dis que c’est sa machine qui fait défaut, elle tente encore, en vain… Elle me regarde toute étonnée et désemparée : « Pourtant, on vient de me la livrer pas plus tard qu’hier! » Constat final, nous allons encore changer d’endroit. Mais comme elle a fait sortir environ 25 feuilles inutilement, je dois lui donner quelque chose, même si c’est de sa faute! Fulbert, en bon conseiller interculturel me dit : « JiPé, c’est la première journée de la semaine. Même si elle n’a pas fait sortir le papier correctement, il faut lui donner quelque chose à la maman. » Et hop, 200 FCFA dans le vide!
Imprimerie no4
Nous continuons donc notre petit bonhomme de chemin pendant que les aiguilles de la montre ne s’arrêtent pas, bien sûr. Nous trouvons une nouvelle photocopie juste à côté d’une école. Comme il y a normalement beaucoup de photocopies à faire dans un établissement scolaire, la machine doit bien travailler, j’espère. Vérification faite, tout est sous contrôle, les normes de qualité sont validées! Je lance donc le tout pour dix copies de sept pages. Pendant que chaque page s’imprime, je prends tout l’espace sur le comptoir pour mettre les dix copies en ordre. Trop beau pour être vrai, ayant fait beaucoup de photocopies la veille, plus de feuilles dans toute la place qui ne sert qu’à imprimer des feuilles…
Retour à l’imprimerie no3
J’envoie donc Fulbert à l’imprimerie no3 lui faire acheter des feuilles vierges qu’il rapporte après négociation. La dame lui disait qu’elle ne vendait que les feuilles imprimées! Non, mais… elle veut faire de l’argent ou pas? Fulbert finit par la convaincre et revient à l’imprimerie no4 pour compléter le travail.
Retour à l’imprimerie no4
À la fin, il y a donc mes dix documents qui attendent juste d’être brochés avant que je puisse enfin partir. Trop facile vous dites? Vous avez raison! « Je suis désolé, monsieur, il n’y a plus de broche. Mais je peux envoyer quelqu’un en chercher en face? » Tentant de préserver mon sang froid et ma bonne humeur, je lui réponds poliment avec un sentiment intérieur qui se décrit comme suit : « ??%?%!!!!...!%%!?!!!!!!...!!!...!!!...!!! », « Merci, je vais m’arranger tout seulll !! » Ça fait plus d’une heure que je tente simplement de faire imprimer dix documents de sept pages, brochés!
Imprimerie no5
Nous traversons finalement la voie goudronnée pour demander au commerce d’en face sa brocheuse. Il accepte avec un 50 FCFA pour dix broches. Je vous le jure, je crois que je les aurais payées même à 5 000 FCFA!!!
Si au moins cette histoire d’amour et de haine avec les photocopies n’était qu’une exception… Mais, c’est souvent la norme. Ah, le monde est une énorme maison qui rend fou!
Une scène improbable
Avant de vous quitter, je veux vous rassurer, j’ai finalement obtenu ma lettre de recommandation afin d’approcher les personnes concernées par ma recherche en éducation relative à l’environnement à l’école secondaire. Depuis, je me suis donc rendu dans une structure ministérielle que je tairai pour les besoins de la cause. Ceci étant dit, je me rends donc dans ladite structure ministérielle dans le but d’obtenir des informations pour ma recherche. La personne avec qui je travaille depuis le départ m’en réfère une autre pour obtenir l’information désirée. Je frappe donc à la porte et j’ouvre tout de suite après, avant qu’on ne me dise : « Ouvrez, ouvrez! Non, mais il n’entend rien de l’autre côté quand on dit d’ouvrir. Ah, désolé, dit-on quand on voit le Blanc qui ne sait pas s’il devait ouvrir ou non la porte. » Le chef service en question me demande donc de m’assoir à son bureau.
Avant de poursuivre ma péripétie, je dois dire que depuis deux ans, je raconte la même histoire quand on me demande si je suis marié. Car il faut le dire, ici, l’homosexualité n’est pas considérée du tout, ou presque pas du moins. Pour ne pas me tromper, quand on me pose la question, je pense à mon amie Amélie lorsque je prétends être en relation amoureuse. Ainsi, ça fait maintenant quatre ans entre elle et moi. Et pourquoi ma fiancée ne m’a-t-elle pas accompagné cette année? C’est simple, elle fait des études supérieures! Et pourquoi n’avons-nous pas encore d’enfants? Ça va venir dès la fin de nos études… Voilà donc pour le scénario monté de toutes pièces.
Je reviens donc à mon Chef Service. Pendant qu’il cherche ses papiers pour me donner l’information désirée, d’un air un peu désintéressé s’amorce la discussion suivante :
- Tu es marié?
- Non, je suis fiancé, dis-je d’un ton tout à fait à l’aise tellement que je suis habitué à cette réplique.
- Et ta fiancée, elle est avec toi?
- Non, elle est là-bas.
- Tu n’as pas d’enfants?
- Non. Comme nous sommes les deux aux études, ce sera à la fin des études.
- Ah, oui! Et les Béninoises, tu les trouves comment?
- Bon… Ce sont des femmes, hein!
- Ici, tu as pris une femme?
- Heu, non. Je ne pourrais quand même pas lui faire cela…
- Mais elle ne pourra pas le savoir.
- Peut-être bien, mais pour moi, la fidélité est importante. Si je lui faisais cela, ça veut dire qu’elle pourrait faire la même chose là-bas et ça ne me plairait pas. De toute façon, elle me gronderait proprement si je le faisais.
- C’est vrai, c’est bien d’être fidèle!
- Effectivement…
- … alors… comment te débrouilles-tu pour faire l’amour?
C’est à ce moment précis que je faillis m’étouffer et que je dois tout faire comme si la question était normale pour moi.
- Euh, ça va, ça va. Je sais la date exacte de mon retour au pays. Et quand on sait la date de son retour, ça aide à patienter. Ce n’est pas facile, mais c’est une épreuve de fidélité.
Il me regarde alors, se disant certainement que nous ne raisonnions pas de la même manière… Non, mais, à quoi s’attendait-il? Fallait-il réellement que je lui dise comment je me divertirais en fin de soirée, seul avec moi-même…! Suis-je vraiment censé aller à ce point en détail avec un chef service dans un ministère? Est-ce que c’est ça faire sentir les gens à l’aise, comme à la maison, car le malaise ne pouvait pas être plus grand sur mon visage. Une chance, à ce moment, il a trouvé le papier que je cherchais. Soulagé, je suis vite allé me réconforter auprès de Samuel!
Jean-Philippe
À la suite de vos commentaires…
Plusieurs personnes savent qu’avait lieu le vendredi 28 octobre dernier la remise des kakis. Samuel et moi partons toutefois pour une semaine au Togo rendre visite à Mélanie le jeudi matin. Nous vous promettons donc que le prochain article vous donnera tous les détails à ce sujet! Ne manquez pas le nouvel album photo non plus!
vraiment décourageant toutes ces procédures pour quelques photocopies
RépondreSupprimerEn tout cas vous aller trouver que tout est plus simples ici et que plus rien ne va vous emmerder...
Bonne école pour aiguiser la patience
Je ne savais pas que vous alliez voir Mélanie au Togo
Je connais peu ce pays et j'espère pour vous qu'il parle le français?? Je vais regarder les photos du site de Mélanie pour voir le Togo (pogo)
Quel moyen de transport aller vous utiliser ??
Soyez toujours prudent, autre pays autre moeurs..
Bonnes découvertes
Baci XXX
salut les amis. Alors comme ça Jean Philippe tu es en couple virtuel avec ma coloc....
RépondreSupprimerElles sont jolies vos photos mais je ne vois pas l'ombres d'un ananas sur l'une d'elle. Ce n'est pas la période? Moi c'est l'une des choses que j'avais retenues de mon voyage au Bénin. Est ce que vous avez visité une plantation d'ananas? Montrez-moi une photo si vous en avez svp. Vous nous manquez tous les deux. à bientôt
Pardonnez-moi, Sam & J.-P., mais ceci n'a aucun rapport avec l'article qui précède. J'ai cherché en vain une adresse de contact sur votre site, mais comme je n'en ai point trouvé, j'ai recours à ce moyen détourner pour vous contacter.
RépondreSupprimerComme vous êtes à PORTO NOVO, il y a un endroit tout à fait extraordinaire que deux gars de votre sensibilité ne peuvent manquer de visiter. C'est le tout à fait étrange et sublime Jardin des Plantes et de la nature de Porto Novo, dont le conservateur est un certain M. Varisso SOUAYIBOU (01 BP 2205 Porto Novo, Tél 00229 20213866. Courriel : svarissou@epa-prema.net). Cet homme étonnamment documenté sur la faune et la flore du Bénin est également très haut en couleurs et d'un enthousiasme très attachant. Il vous fera visiter "son" jardin comme s'il s'agissait d'une forêt enchantée et magique et vous initiera aux secrets de la science divinatoire FA dont les "signes" et symboles sont des sculptures en bois exécutées à la tronçonneuse. Il vous dira des choses étonnantes sur le café et le cacao et mille autres plantes aromatiques, dont le poivre vert, dont il vous décrira avec des mots de magicien le "bonheur infini" que procure cette graine lorsqu'elle descend dans votre oesophage... Cela ne vous met-il pas l'eau à la bouche? A ne pas manquer.
Très cordialement à vous. Jean.
tenipal@hotmail.ca