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jeudi 25 août 2011

Des serrans écritures sous la mer

La raison principale qui nous a incités à revenir à Tabarka : la plongée sous-marine. Il y a deux ans, nous devions y passer trois jours. Finalement, nous y avons fait une escale de six jours pour plonger à dix reprises et découvrir le monde du silence.

À notre retour à Tabarka, nous avons trouvé le Club de plongée municipal de Tabarka dans le même état, ou presque. Depuis la révolution de janvier dernier, certaines choses ont changé. Notamment, le club ne sert plus à blanchir de l’argent pour l’ancien maire de la ville qui copinait avec la famille de l’ex-président. Le club doit donc s’autogérer cette année en attendant la reprise en charge par la municipalité. Il y a un seul moniteur payé par le club en ce moment, mais heureusement, il compte sur l’aide de quelques moniteurs bénévoles qui plongent avec nous.

Voici donc une journée type de plongée à Tabarka. Vers les 9 heures; arrivée au club. Saluer tout le monde : Maher le directeur et moniteur, Houssine le capitaine du bateau, Wahid le moussaillon, et tout le personnel qui s’occupe du café du club qui sont bizarrement déjà là, même si le café ne sert rien pendant le jour (ramadan oblige). Par la suite, il faut rassembler notre matériel. Le sac du parfait plongeur contient : une combinaison isothermique communément appelée wetsuit, une paire de palmes, un masque, une veste de stabilisation à laquelle est attachée la bombonne et un détendeur, l’élément essentiel pour respirer sous l’eau. Le détendeur possède trois éléments, un embout pour respirer, un cadran pour surveiller notre consommation d’air et un tube relié à la veste de stabilisation pour contrôler notre flottabilité en gonflant ou dégonflant le gilet. Puis, on charge sur le bateau tout cet équipement et les lourdes bombonnes de 12 litres d’air comprimé à 200 bars. La pression normale étant de 1 bar, nous avons donc 200 fois 12 litres d’air à pression normale. C’est un départ pour le site de plongée de la journée!

Sur le bateau, on profite du paysage, du soleil et on écoute les indications de Maher pour savoir qui plongera avec qui. Avec le niveau 1 que nous avions complété il y a 2 ans, il nous faut impérativement être accompagnés d’un moniteur sous l’eau qui dirige la plongée.

Les gens ici sont si habitués de plonger aux alentours que personne ne se fie au GPS pour trouver l’endroit où il faut s’ancrer. Pour Houssine, les repères de la côte, parfois très éloignée, suffisent. Une telle orientation sur l’eau doit s’acquérir de la même manière que notre tolérance au froid; il faut être né dans le milieu! En plein cœur de la mer, soudainement, Houssine ralentit les moteurs puis klaxonne pour indiquer à Wahid de jeter l’ancre. Nous sommes arrivés!

Tout va alors très vite. Il y a une sorte de frénésie sur le bateau et tout le monde s’empresse pour se jeter à l’eau. On se leste alors avec des ceintures de plomb pour pouvoir franchir les 5 premiers mètres sans remonter comme un bouchon de liège et pour se stabiliser en profondeur. On enfile la veste de stabilisation attachée à une bombonne, puis, détendeur en bouche, on bascule dans l’eau par-derrière où on y saute vers l’avant, droit comme un pic en faisant un grand pas. Une fois tous les plongeurs dans la mer, le moniteur donne le signal et, détendeur en bouche, nous vidons l’air contenu dans nos vestes de stabilisation pour couler vers les fonds marins. C’est parti!

Dès la descente, un banc de castagnoles nous attend souvent pour nous souhaiter la bienvenue avec leurs alevins de la couleur d’un néon bleu. Puis, les sars communs et à long museau se trouvent généralement tout près. Autour des rochers, les girelles paons viennent colorer la vue avec le spectre lumineux presque entièrement étalé sur leur corps éclatant. Différentes des girelles paon, les girelles mâles et femelles, valent également le détour du regard. Un peu plus loin, en solitaire, un poisson de 25 cm défend sa roche auprès des autres poissons. Cette bête aux nageoires jaunes, c’est le poisson de Fanny, la sœur de Samuel, le serran écriture (Fanny avait une poupée prénommée Écriture lors de sa jeunesse, allez savoir pourquoi!). Et lorsque la mer souhaite nous récompenser, nous remontons à la surface avec une découverte rare ou moins commune comme le mérou brun ou la seule cigale de mer que nous avons vue à ce jour, deux espèces protégées.

Quelques rêves se sont également réalisés pour nous deux, tant pour Samuel qui a pu contempler un hippocampe il y a deux jours que pour Jean-Philippe qui a observé pour la première fois ce matin un doris dalmatien qui tient surtout son intérêt dans son nom! Quelle tête nous avons faite également devant ce poulpe caché au creux des rochers. Et il y a les étoiles de mer rouges, les éponges, les méduses œuf au plat, les saupes, les clatherines, les crénilabres de toutes les variétés et plus encore…

Mais ce matin, nous avons eu une des plus belles surprises de plongée. Vous savez ce genre de bête qu’on ne croit pas pouvoir voir de nos propres yeux… Notre sortie se déroulait dans une eau des plus claire, sans courant. On pouvait voir à 20 mètres sous l’eau du bateau seulement… Nous déambulions donc dans les tunnels, rochers sous lesquels nous passons dans les profondeurs. Claustrophobes, s’abstenir! En nous dirigeant vers le bateau, nageant en sensation d’apesanteur, notre chef de plongée semble repérer quelque chose digne d’intérêt. Lorsqu’il nus fait signe, une immense raie pastenague se repose près de nous sur les rochers. Même sous l’eau, nous avons poussé un cri d’étonnement et de contemplation. Lassad, le moniteur plongeant avec nous, est allé près d’elle. Sans mentir, le diamètre de cette raie pastenague faisait sa longueur, de la tête aux palmes, soit environ 7’. Vous imaginez! À la sortie, il nous a dit qu’elle pouvait facilement peser 200 kg! Avec de la chance, elle s’est déplacée de quelques rochers, ce qui nous a permis de la voir valser dans le bleu. Émerveillés, nous sommes remontés. Encore au moment où nous vous écrivons, nous avons le sourire en repensant à cette fabuleuse découverte. Et on se dit, c’est pour cela que nous plongeons!

P.-S. Pour ajouter à votre expérience de visualisation, nous mettrons sous peu un diaporama renfermant des photos (dont nous n’avons malheureusement pas les droits d’auteurs) des différentes espèces citées dans ce blogue. Restez aux aguets!

P.P.S. Sur le bandeau droit du blogue, vous trouverez le lien de notre site Un kaki pour le Bénin et le blogue de Mélanie partie un an au Togo que nous verrons sou peu…

3 commentaires:

  1. Vous voyez bien que le nom de ma poupée était légitime. Sinon, comment auriez-vous meublé votre article... Bisous les tits gars et ça me fait chaud au coeur de savoir que vous avez eu une petite pensée pour moi et ma poupée! xxx

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  2. Allo les gars,
    merci pour les photos ça aide a mettre dans le contexte... vous semblez avoir du bon temps... j'adore la simplicité des lieux qui met en perspective le paysage naturelle de la place... bonne route et continuez a profiter de la vie
    Au plaisir de vous lire et a bientôt!

    Jean
    xxx

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  3. Allo à vous deux!
    La lecture de votre journée de plongée nous transporte dans les fonds marins de façon réaliste. Comme le disait Jean, merci pour l'ajout des photos car je me sens vraiment ignorante en vous lisant!
    Questions de curiosité, êtes vous plusieurs à plonger? Et j'imagine que ce sont principalement des touristes?
    Continuez à vous amuser!
    Josée

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