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jeudi 1 septembre 2011

Des fiançailles pour notre départ

Notre séjour tunisien s’est terminé au cœur des fiançailles de celui qu’Habib appelle le fils de son oncle, son cousin quoi! Lorsqu’Habib a terminé de repasser nos chemises, nous avons traversé à la maison d’à côté, soit celle où son cousin demeure. Puis, on nous a servi un Boga Cidre, une boisson gazeuse aux pommes. Et là, la famille du fiancé est arrivée progressivement à travers les sentiers de la montagne. Les enfants, les hommes et les femmes souvent voilées arrivaient avec des cadeaux.

Tous les adultes qui arrivent ne manquent pas d’aller saluer chacun des convives, nous y compris.

- Salam alikoum! - Que la paix soit avec vous!
- Malikoum salam! - Que la paix soit avec vous aussi!
- Aslema! - Bonjour!
- Aslema! - Bonjour!
- Labess? - Ça va?
- Labess! - Ça va!
- Aïchek! - Longue vie!
- Aïchek! - Longue vie!

Tout cela se déroule en donnant la main et en donnant deux becs sur les joues en commençant par la droite, contrairement au Québec. Aussi, encore contrairement à nous au Québec, les hommes embrassent seulement les autres hommes et on se contente de la main pour les femmes. Peut-être qu’il en va différemment pour les intimes, mais c’est devenu notre rituel. Et quand l’homme qu’on salue est un intime, on peut se permettre quatre becs.

Au bout d’un certain temps, tout le monde y est et le fiancé sort tout chic. Les femmes heureuses se mettent donc la main devant la bouche en criant de manière aigüe « Alélélélélélélélélé! » Certaines femmes tiennent des paniers avec des cadeaux, un cousin se charge du gâteau quatre étages qui peine à la chaleur et d’autres apportent des valises avec des vêtements en cadeau.

Dans les chemins montagneux, le cortège du fiancé se met donc en branle. Samuel et moi nous chargeons des photos et de la vidéo. Apparemment que nous avons quelques traits tunisiens, car une femme demande de qui dans le quartier nous sommes les enfants. Il faut croire que quand on se contente des salutations d’usage, nous pouvons faire semblant!

La marche des fiançailles dure donc une quinzaine de minutes dans les roches, la terre sèche de la saison qui attend la pluie et les dénivellations du quartier Ouled Amor de Tabarka. Les femmes plus âgées ne semblent pourtant pas s’en plaindre… Il faut aussi éviter les épines des nopals, cactus à rameaux plats produisant les délicieuses figues de barbarie.

Le gâteau écrasant sous la chaleur, mais résistant toujours, ouvre la marche et arrive chez la fiancée. Là, attend la famille de la femme promise. Dès que nous entrons dans la cour, les gens se massent sur la piste de danse pendant quelques minutes et les femmes en âge d’être mères crient avec joie « Alélélélélélélélélé! » Elles semblent se remémorer des souvenirs, vivre par procuration le bonheur amoureux d’une autre ou espérer leur propre fiançaille.

Peu après, une table pour vingt-cinq personnes a accueilli cinq ou six services de convives. Les hommes d’abord — nous étions du premier service — les femmes et les enfants. Il y avait pour tous, pain, couscous au bœuf, pastèque, omelette et méchouia.

Après le repas, nous sommes retournés sur la piste de danse. Les femmes prennent le contrôle de l’espace et les hommes repeuplent à leur tour quelques chansons plus tard, mais très rarement nous assistons à une mixité des danseurs. Et plus la soirée avançait, plus les curieux du quartier se joignaient à la fête dans un espace beaucoup trop petit pour offrir un espace vital convenable. Seule solution pour avoir plus de place : la piste de danse moins dense… Quelques hommes nous demandent donc de les accompagner. Ce que nous n’avons pas dit c’est que la piste aussi est minuscule et elle est entourée du piédestal où siègent les deux jubilaires et d’une soixantaine de chaises de plastique où sont entassées les femmes mariées et les enfants. Nous étions six à danser pour au moins une centaine de paires d’yeux qui ne faisaient que regarder comment nous bougions. Parfois, en voyage, on veut s’immiscer dans la culture locale, mais cela signifie donc qu’il faut accepter se mêler aux autres, parfois moins discrètement!

Ayant contenté les Tunisiens qui n’attendaient que nos pas de danse en guise d’appréciation de leur invitation, nous avons quitté la fête vers 23 h 30. Nuit de montage vidéo, de ménage et de remballage des souvenirs. Nous vous écrivons actuellement de l’aéroport de Tunis où nous bouclons notre premier séjour. Prochaine étape, départ vers Casablanca et arrivée à Cotonou à 5 h 30, le vendredi 2 septembre. Et là, la couleur de notre peau ne nous laissera plus aucune chance, nous deviendrons les Yovos, les Blancs!

Jean-Philippe et Samuel

Le Québec en voyage
1) Royal Air Maroc diffuse des gags Juste pour rire! à Montréal.
2) Pour les mordues de séries télé, même en Tunisie, vous pouvez regarder sur TV5 Monde Les hauts et les bas de Sophie Paquin et pour Fanny Fortier, version originale québécoise sous-titrée en arabe!
3) Pour que tu m’aimes encore! Oui, nous avons encore une fois entendue Céline à l’étranger…

À la suite de vos commentaires…
Merci pour la comparaison avec les têtes à claque. Étant donné que cette coupe n’était pas mon choix, je le prends en humour!

mardi 30 août 2011

Tabarka en cinq temps

Bonjour à tous!

En cette journée de l’Aïd, l’équivalent de Noël pour nous, nous vous proposons un buffet de chroniques diversifiées.

Vie quotidienne
En marchant dans Tabarka, on croise :

- Le marché. On y retrouve des étals de fruits et de légumes frais. Parmi les couleurs et les parfums, il y a les tomates rouges de soleil, les raisins parfumés comme on ne le connaitra jamais au Québec, car ce parfum disparait rapidement après la cueillette, les figues bien mures, les poires juteuses et les camions remplis d’immenses pastèques désaltérantes. Devant leur étal, les commerçants pèsent la marchandise avec des balances à 2 plateaux. Un plateau pour les poids en métal et un autre pour la nourriture, jusqu’à ce que les deux s’équilibrent. Les enfants sont mis à contribution et crient au centre des passants «Malsouka! Malsouka!», annonçant les pâtes rondes ressemblant à des crêpes qu’on utilise pour faire les traditionnels bricks farcis et frits.

- Le quartier des poissonniers. En approchant du quadrilatère, une odeur forte et malodorante attaque nos narines. Pourtant, une fois entrés chez un des 20 poissonniers côte à côte, on découvre toute la richesse de la mer aux environs. Poissons colorés, crevettes, calamars; tout y est frais pêché du matin. Pour un dinar de plus, un homme dans la rue peut nettoyer ce qu’on vient d’acheter. Pour une cuisson parfaite le souper venu, nous descendons dans la rue derrière notre appartement saluer le restaurateur du coin. Pour un dinar, il nous grille nos poissons sur les braises chaudes et on peut le rapporter à la maison. Ça, c’est du service!

- Les flâneurs. L’emploi est difficile à trouver en Tunisie, surtout dans une région éloignée comme Tabarka. Et même ceux qui travaillent en ces jours de jeûne semblent plus enclins à flâner à l’ombre qu’à véritablement être actif. Il ne faut plus se surprendre des ces gens assis à même le parvis d’une boutique à regarder le temps passer, en attendant la prière tant attendue annonçant la rupture du jeûne. Au détour du parc central de la ville, des passants font la sieste dans les cercles d’ombre créés par les arbres. Au port, on regarde la télé dans les intérieurs ventilés et on nettoie les trottoirs en y jetant un seau d’eau et en balayant les surplus plus loin.

- L’heure du pain. Il est 13 h. C’est l’heure où le pain est arrivé en ville pendant le ramadan. Tous les habitants assaillent les commerces pour acheter frénétiquement cette denrée essentielle. On y entre sans rien, on en ressort avec plein de baguettes entaillées au centre et pliées en deux pour les faire entrer dans un sac de plastique. Il est rare de voir moins de 3 baguettes à la main des passants.

- Les petites motocyclettes. Nous ne parlons pas ici de scooteurs. Encore moins de mobylettes. Il s’agit bien de petites motocyclettes. Elles font entre 2 et 3 pieds de haut, des pneus au guidon. Au plus, 4 pieds de long. Les roues ont le diamètre d’un ballon de soccer. Mais le plus drôle c’est que ce n’est pas pour les enfants. Les jeunes dans la fin de l’adolescence semblent apprécier particulièrement ce moyen de transport bruyant, polluant et extrêmement ridicule. Vous l’aurez deviné, à la taille de l’engin, les jeunes adultes se retrouvent les fesses à 2 pieds du sol, les jambes en grenouille sur les appuis-pieds à peine un pied plus bas que le siège et les mains entre les cuisses pour tenir le trop petit guidon. Et ils filent à une vitesse folle! On ne peut s’empêcher de penser : « De ridicules grands enfants! C’est incroyable ce que les phénomènes de mode peuvent faire! »

Révolution
Pour ceux qui ont suivi les déroulements du Printemps arabe, vous vous rappelez peut-être que cette révolution a débuté en Tunisie le 14 janvier dernier. Un marchand de légumes s’est fait soutirer des frais de permis de vente excédentaire par la police. Ce commerçant ayant peu de moyens en a eu assez cette journée-là des conditions de vie qui se détériorent dans son pays. Désespéré, pour protester contre l’abus des policiers, il s’est immolé. Et voilà, la révolution tunisienne débutait.

Par chance, les Tunisiens représentent un peuple uni, ce qui se sent assez facilement. Il n’y a pas de guerre ethnique au sein de la population. En un rien de temps, la population s’est donc soulevée pour chasser l’ex-président, Ben Ali, régnant avec la famille de sa femme depuis 23 ans. Même si la police se rangeait du côté du régime, les militaires ont appuyé la population civile dès le début. Lorsque nous sommes venus en Tunisie en 2009, sa photo se trouvait partout : sur les routes, dans les villes, chez les commerçants et même dans les foyers. Il ne fallait pas parler de religion ni de politique. Si on se faisait prendre à parler contre le régime, on pouvait se faire emprisonner sur le champ.

Aujourd’hui, tous les Tunisiens rencontrés nous parlent de la situation politique sans gêne, même dans les endroits publics. Et même le plus pacifique d’entre eux nous dit : « Ben Ali, si je le vois, je l’insulte et je le tue! » Bien sûr, il ne mettrait certainement pas cette menace à exécution. Malgré tout, tous demeurent indignés des vols qu’il a réalisés tout au long de son règne. Ses avoirs ne se comptent plus… Par exemple, un hôpital en construction des proches de Ben Ali et un hôtel appartenant à son fils ont été incendiés à Tabarka durant la révolution. On ne veut plus rien qui lui appartient. Aujourd’hui, il finit ses jours en Arabie Saoudite, évitant probablement même le plus pacifique des Tunisiens qui lui cracherait dessus.

Pour les élections d’octobre, il y a actuellement 101 candidats en liste. Les gens sont parfois optimistes alors que d’autres ont peur que les choses ne s’améliorent guère. On espère maintenant que plus jamais un président ne prendra le pouvoir aussi longtemps. Et maintenant, la population sait de quoi elle est capable… On leur souhaite la meilleure des chances pour l’avenir et l’emploi! En parallèle, tous suivent les déroulements de leurs voisins de l’est, les Libyens, en espérant qu’on trouve Kadaffi au plus vite.

Drôle de tête de JP
Avant mon départ, je ne voyais pas l’urgence de me faire couper les cheveux. Toutefois, il y a quatre jours, j’ai ressenti une grande peur. Qu’arrive-t-il si je souhaite me faire couper les cheveux au Bénin? Il faut savoir que le cheveu d’un noir et le cheveu d’un blanc diffèrent. Pour avoir déjà vécu l’expérience d’une coupe au Bénin, j’en ai eu très peur cette fois-ci. De plus, je connais un ami qui s’est retrouvé au Bénin les sourcils rasés à la fin de sa séance. Pas de risque à prendre, j’en profite en Tunisie.

Arrivé chez le coiffeur qui ne parle pas vraiment français, je regarde une revue et je lui indique ce que je veux. Puis il commence la coupe. Au bout de 20 minutes, il achève sa coupe et ça me semble convenable dans les circonstances. Puis, il me montre une brosse à cheveux ronde, ce à quoi j’acquiesce. Je ne savais pas que ce hochement de tête me vaudrait 25 minutes supplémentaires à me faire arrondir la coupe, à l’inverse de mes habitudes. Coupe champignon, boule de quille, tête de gars trop gentil, jeune enfant arabe, balle de tennis, tête de vieux garçon, enfant de choeur, c’est comme vous le voulez… À la suite de cette séance de coiffure, il me présente du gel. Il faut dire que les jeunes Tunisiens affectionnent un peu trop le gel. Rapidement, je fais signe que non. Je suis tout de même sorti de chez le coiffeur avec une tête de bonhomme Playmobil… Pour la suite, les photos parlent d’elles-mêmes!!

2e souper chez Habib
Hier, nous sommes retournés manger chez Habib à la rupture du jeûne. Malheureusement, cette fois-ci, nous n’avions pas prévu le coup… Nous avions mangé sur l’heure du midi!! Tout comme la première fois, on nous a pris pour des affamés qui n’avaient pas mangé depuis une semaine, alors que nous avions mangé le midi et qu’eux font le jeûne. Nous mangeons donc lentement la chorba, soupe du ramadan à base de tomates, de volaille et de féculents. À cela s’ajoute du pain, de la salade tunisienne (tomates, concombres, ognons rouges et des olives) et des bricks (une de plus que toute la famille pour nous). Nous terminons discrètement notre chorba alors qu’on nous demande si elle était bonne. Bien sûr! C’était trop en dire… Toute supplication pour ne pas en avoir un deuxième bol fut vaine… Les membres de la famille peuvent ne pas tout manger, mais les invités doivent terminer leur deuxième bol aussi rempli! Puis le plat de pâtes a suivi. Si certains ont pigé dedans discrètement, nous devions vider le plat commun jusqu’au dernier macaroni. Et ont suivi les fruits, les pâtisseries et le café. Pour la première fois, nous avons tenté de trouver des exercices pour l’estomac afin de créer de la place. Mais nous avons très bien mangé!

Bref, toujours est-il que le repas s’est déroulé devant la télévision à suivre le feuilleton tunisien du ramadan. À la fin de celui-ci, une annonce en arabe au bas de l’écran et tout le monde se réjouit! L’Aïd sera le lendemain! Le repas que nous prenions était donc la dernière journée de jeûne. Et quelle rupture du jeûne nous avons eue!

L’Aïd el Fitr
Pour bien comprendre toute la portée du dernier paragraphe, récapitulons les faits. Le jeûne du ramadan est basé sur le calendrier lunaire et s’échelonne d’une nouvelle lune à une autre, en passant au beau milieu par la pleine lune. Comme le calendrier lunaire ne suit pas notre calendrier solaire, le ramadan recule d’environ 10 jours par année. Cette année et pour les 9 ans à suivre, le jeûne est donc en plein cœur de l’été. Vous pouvez imaginer la galère : tenir les longues journées chaudes estivales sans manger, mais surtout sans boire!

À la nouvelle lune, libération; le ramadan est terminé. Aujourd’hui, c’est l’Aïd. Oui, mais voilà le hic : aucun Tunisien ne connait à l’avance la date de l’Aïd. On nous répond inlassablement que le ramadan dure 30 ou 31 jours et qu’il faut attendre de voir la lune. Et c’est là que notre tête d’Occidental accroche. Si les astronomes peuvent prévoir des siècles à l’avance l’heure exacte d’une éclipse, si le cycle de la lune est tapissé sur tous les calendriers Dollarama de la terre, impossible ici de confirmer la date de la nouvelle lune autrement que par une vérification visuelle d’un ministre du culte. Est-ce le garant de la tradition ou y a-t-il une subtilité qu’on ne saisit pas? Toujours est-il que la date de l’Aïd est aussi bien cachée que le secret de la Caramilk.

Qu’est donc le résultat? Dans le doute absolu, la population entière se masse le 29e et le 30e jour du ramadan pour finaliser les achats nécessaires pour la fête dont la date sera dévoilée dès le coucher du soleil. «Ce sera pour demain… ou après demain…» Imaginez un peu si le 23 décembre, nous ne savions pas encore si Noël était prévu pour le 24 ou le 25. Dans quel type d’exaltation serions-nous? Eh bien c’est tout à fait la même chose ici.

Donc de retour au fameux souper chez Habib, vous pouvez imaginer notre enthousiasme lorsqu’on voit au téléjournal une image d’un gars qui regarde dans un télescope! Enfin on va savoir. Le ramadan est fini! Il faut voir les étoiles (ou les lunes) dans les yeux des fidèles islamistes.

Nous étions en fait aussi impatients que les pratiquants de connaitre le moment de l’Aïd, puisque ça mettait en jeu notre bon retour à l’aéroport de Tunis pour le 1er septembre. Comme Noël chez nous, le jour de l’Aïd, tout est fermé et il n’y a donc pas de transport. Imaginez notre inquiétude lorsqu’on demandait à nos amis locaux «L’Aïd cette année, c’est le 30, le 31 ou le 1er?» et qu’on nous répondait «Oui, dans ces environs-là». Anxiété… béatitude… résignation…

Que ce passe-t-il le jour de l’Aïd? On mange, on donne des cadeaux (jouet et vêtements) aux enfants et ces derniers lancent des pétards partout dans la ville en guise de célébration. Il ne se passe pas 10 secondes sans qu’il n’y ait un crépitement dans l’environnement sonore!

L’Aïd étant aujourd’hui, cela signifie également que les fiançailles du cousin d’Habib auront lieu le lendemain, soit demain, mercredi. (À nos yeux c’est encore plus incompréhensible… Imaginez : « C’est quelle date tes fiançailles? » « Je ne sais pas. Une journée après l’Aïd. Vas-tu être là? »… Difficile à concevoir pour nous.) Et chose que nous n’aurions jamais imaginé, nous assisterons aux fiançailles. Par chance, nous avons quelques morceaux de linge propre… Et en plus, ils ont trouvé un caméraman pour filmer cette soirée. Vous devinez… Samuel, qui d’autre!

Jean-Philippe et Samuel

À la suite de vos commentaires...
Les plongées se déroulent toujours en compagnie d'un moniteur du club de plongée, soit Maher, Moussa ou Lassad. Celui qui dirige le groupe sous l'eau, normalement le plus expérimenté, se nomme le chef de palanquée. Nous plongeons généralement à trois ou quatre plongeur par moniteur. Avec le moussaillon et le capitaine du bateau, nous quittons généralement le port avec une dizaine de personnes à bord. Bien qu'il y ait des touristes qui plongent avec nous, de nombreux habitués de Tabarka se joignent à nous.

(Il est à noter que nous rédigeons nos chroniques selon les règles de la graphie rectifiée, ce qui explique la graphie de certains mots. Par exemple : ognon, connaitre, aout, scooteur.) 

jeudi 25 août 2011

Des serrans écritures sous la mer

La raison principale qui nous a incités à revenir à Tabarka : la plongée sous-marine. Il y a deux ans, nous devions y passer trois jours. Finalement, nous y avons fait une escale de six jours pour plonger à dix reprises et découvrir le monde du silence.

À notre retour à Tabarka, nous avons trouvé le Club de plongée municipal de Tabarka dans le même état, ou presque. Depuis la révolution de janvier dernier, certaines choses ont changé. Notamment, le club ne sert plus à blanchir de l’argent pour l’ancien maire de la ville qui copinait avec la famille de l’ex-président. Le club doit donc s’autogérer cette année en attendant la reprise en charge par la municipalité. Il y a un seul moniteur payé par le club en ce moment, mais heureusement, il compte sur l’aide de quelques moniteurs bénévoles qui plongent avec nous.

Voici donc une journée type de plongée à Tabarka. Vers les 9 heures; arrivée au club. Saluer tout le monde : Maher le directeur et moniteur, Houssine le capitaine du bateau, Wahid le moussaillon, et tout le personnel qui s’occupe du café du club qui sont bizarrement déjà là, même si le café ne sert rien pendant le jour (ramadan oblige). Par la suite, il faut rassembler notre matériel. Le sac du parfait plongeur contient : une combinaison isothermique communément appelée wetsuit, une paire de palmes, un masque, une veste de stabilisation à laquelle est attachée la bombonne et un détendeur, l’élément essentiel pour respirer sous l’eau. Le détendeur possède trois éléments, un embout pour respirer, un cadran pour surveiller notre consommation d’air et un tube relié à la veste de stabilisation pour contrôler notre flottabilité en gonflant ou dégonflant le gilet. Puis, on charge sur le bateau tout cet équipement et les lourdes bombonnes de 12 litres d’air comprimé à 200 bars. La pression normale étant de 1 bar, nous avons donc 200 fois 12 litres d’air à pression normale. C’est un départ pour le site de plongée de la journée!

Sur le bateau, on profite du paysage, du soleil et on écoute les indications de Maher pour savoir qui plongera avec qui. Avec le niveau 1 que nous avions complété il y a 2 ans, il nous faut impérativement être accompagnés d’un moniteur sous l’eau qui dirige la plongée.

Les gens ici sont si habitués de plonger aux alentours que personne ne se fie au GPS pour trouver l’endroit où il faut s’ancrer. Pour Houssine, les repères de la côte, parfois très éloignée, suffisent. Une telle orientation sur l’eau doit s’acquérir de la même manière que notre tolérance au froid; il faut être né dans le milieu! En plein cœur de la mer, soudainement, Houssine ralentit les moteurs puis klaxonne pour indiquer à Wahid de jeter l’ancre. Nous sommes arrivés!

Tout va alors très vite. Il y a une sorte de frénésie sur le bateau et tout le monde s’empresse pour se jeter à l’eau. On se leste alors avec des ceintures de plomb pour pouvoir franchir les 5 premiers mètres sans remonter comme un bouchon de liège et pour se stabiliser en profondeur. On enfile la veste de stabilisation attachée à une bombonne, puis, détendeur en bouche, on bascule dans l’eau par-derrière où on y saute vers l’avant, droit comme un pic en faisant un grand pas. Une fois tous les plongeurs dans la mer, le moniteur donne le signal et, détendeur en bouche, nous vidons l’air contenu dans nos vestes de stabilisation pour couler vers les fonds marins. C’est parti!

Dès la descente, un banc de castagnoles nous attend souvent pour nous souhaiter la bienvenue avec leurs alevins de la couleur d’un néon bleu. Puis, les sars communs et à long museau se trouvent généralement tout près. Autour des rochers, les girelles paons viennent colorer la vue avec le spectre lumineux presque entièrement étalé sur leur corps éclatant. Différentes des girelles paon, les girelles mâles et femelles, valent également le détour du regard. Un peu plus loin, en solitaire, un poisson de 25 cm défend sa roche auprès des autres poissons. Cette bête aux nageoires jaunes, c’est le poisson de Fanny, la sœur de Samuel, le serran écriture (Fanny avait une poupée prénommée Écriture lors de sa jeunesse, allez savoir pourquoi!). Et lorsque la mer souhaite nous récompenser, nous remontons à la surface avec une découverte rare ou moins commune comme le mérou brun ou la seule cigale de mer que nous avons vue à ce jour, deux espèces protégées.

Quelques rêves se sont également réalisés pour nous deux, tant pour Samuel qui a pu contempler un hippocampe il y a deux jours que pour Jean-Philippe qui a observé pour la première fois ce matin un doris dalmatien qui tient surtout son intérêt dans son nom! Quelle tête nous avons faite également devant ce poulpe caché au creux des rochers. Et il y a les étoiles de mer rouges, les éponges, les méduses œuf au plat, les saupes, les clatherines, les crénilabres de toutes les variétés et plus encore…

Mais ce matin, nous avons eu une des plus belles surprises de plongée. Vous savez ce genre de bête qu’on ne croit pas pouvoir voir de nos propres yeux… Notre sortie se déroulait dans une eau des plus claire, sans courant. On pouvait voir à 20 mètres sous l’eau du bateau seulement… Nous déambulions donc dans les tunnels, rochers sous lesquels nous passons dans les profondeurs. Claustrophobes, s’abstenir! En nous dirigeant vers le bateau, nageant en sensation d’apesanteur, notre chef de plongée semble repérer quelque chose digne d’intérêt. Lorsqu’il nus fait signe, une immense raie pastenague se repose près de nous sur les rochers. Même sous l’eau, nous avons poussé un cri d’étonnement et de contemplation. Lassad, le moniteur plongeant avec nous, est allé près d’elle. Sans mentir, le diamètre de cette raie pastenague faisait sa longueur, de la tête aux palmes, soit environ 7’. Vous imaginez! À la sortie, il nous a dit qu’elle pouvait facilement peser 200 kg! Avec de la chance, elle s’est déplacée de quelques rochers, ce qui nous a permis de la voir valser dans le bleu. Émerveillés, nous sommes remontés. Encore au moment où nous vous écrivons, nous avons le sourire en repensant à cette fabuleuse découverte. Et on se dit, c’est pour cela que nous plongeons!

P.-S. Pour ajouter à votre expérience de visualisation, nous mettrons sous peu un diaporama renfermant des photos (dont nous n’avons malheureusement pas les droits d’auteurs) des différentes espèces citées dans ce blogue. Restez aux aguets!

P.P.S. Sur le bandeau droit du blogue, vous trouverez le lien de notre site Un kaki pour le Bénin et le blogue de Mélanie partie un an au Togo que nous verrons sou peu…

dimanche 21 août 2011

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vendredi 19 août 2011

Un repas hors de l'ordinaire

Depuis notre arrivée à Tabarka, les journées se ressemblent. Le réveille-matin sonne à 8 h et nous mettons sur la table le déjeuner, soit une baguette, de la confiture, des fruits, du yogourt et parfois un œuf cuit dur. Puis, nous partons vers le Club municipal de plongée de Tabarka pour 9 h. Le bateau quitte ce port de la mer Méditerranée une trentaine de minutes plus tard. À notre retour, vers midi, nous revenons manger et c’est la sieste, lecture ou repos pour l’après-midi. Nous allons ensuite compléter les achats pour le repas du soir pour être prêt à 19h20, en même temps que les familles tunisiennes qui peuvent alors manger, le soleil étant couché. Puis, le soir, nous rejoignons Habib pour aller dans un des multiples cafés déserts le jour; bondés la nuit. Et là, tout le monde jase, boit alors que d’autres fument le narguilé (shisha). S’entremêlent une majorité d’hommes, des femmes et des enfants.

Mais depuis mercredi, Habib est retourné à Tunis, la capitale, pour le travail pendant une dizaine de jours. Avant d’y retourner, il nous a invités à venir prendre le repas avec sa famille et lui dans les montagnes surplombant le centre-ville de Tabarka. Habib nous ayant avertis la veille que nous devrions tout manger, nous avons volontairement convenu de tenter une journée de semi-ramadan. Après le repas du matin à 8h30, nous nous sommes donc abstenus de manger et de boire. Pour une vraie journée ramadan, nous aurions dû manger vers 4 h le matin.

Pour ceux qui auraient oublié, le ramadan dure 30 jours, soit une lune entière. Du lever au coucher du soleil, il s’agit de se priver des plaisirs quotidiens : manger, boire, fumer et stimuler la libido. Sont exclus de ce rite les enfants jusqu’à la puberté, les femmes enceintes ou menstruées, les malades et les personnes âgées. Cette période vise à réaliser ce que nous avons durant l’année entière en nous en privant durant un mois. Les familles aisées doivent également faire un don à une famille plus démunie à la fin du ramadan en guise de partage avec ceux dans le besoin. Cette lune entière de privation se termine avec une fête familiale où les enfants reçoivent des cadeaux, comme nous à Noël.

Revenons donc au repas de rupture du jeûne chez la famille de Habib. Nous arrivons donc peu avant la dernière prière entendue dans toute la ville comme les clochers d’une église. Cette prière du coucher du soleil, dernière d’une série de cinq prières quotidiennes, indique l’heure du repas.

À notre arrivée, Habib va chercher une bombonne aérosol désodorisante de marque Axe et il nous asperge tout le devant du chandail sans trop nous prévenir. Après que nous soyons emplis d’odeurs peu agréables, même si ces produits visent l’effet contraire, il nous dit : « Ici, c’est la tradition avec les invités! » Même après avoir pris notre douche, notre peau sentait encore… Mais le geste était évidemment de bonne foi.

Le chant du minaret terminé, nous nous attablons pour entamer ce repas qui s’annonce copieux selon nos expériences avec nos amis tunisiens montréalais, Beya et Mohamed. Pour rompre le jeûne, une datte coupée en deux fourrée de beurre battu. Puis, vient la soupe, la salade méchouia au thon (composée essentiellement de piments forts) avec le pain, les deux bricks au thon chacun (gros feuilleté en triangle frit), la boisson gazeuse, le couscous avec patates, viande et poivrons. Bien sûr, à chaque fois, on se fait dire « Mange, mange tout! » par Moddi, un des deux frères d’Habib… Et les invités, on leur en met toujours le double; deux dattes, deux bricks plutôt qu’une… Et le dessert, les grosses assiettes de fruits où se mêlent les meilleurs raisins parfumés, la pastèque, les poires, les figues de barbarie, le melon et les pommes. Ouf, terminé…! Non! La sœur d’Habib qui fait le service revient avec le café, les pâtisseries et le pouding pour dessert!! « Mange, mange tout! » Vraiment, sans semi-jeûne, comment aurions-nous pu nous en sauver?

Heureusement, les gens sortent généralement marcher après le repas. C’est pourquoi les cafés sont remplis à craquer particulièrement durant le ramadan, de 21 h au petit matin, où les gens boivent et remangent avant le lever du soleil. Durant notre retour des montagnes vers la ville, un fabuleux ciel étoilé sans interférence de lumière, autre que celle de la lune qui brille sur la Méditerranée. Dans une maison en construction avec trois murs et encore sans toit, une dizaine de vieillards prient sur les montagnes à 200 mètres au-dessus du niveau de la mer, sous les étoiles.

La soirée s’est terminée avec un bon thé à la menthe au café du port, parmi 500 personnes profitant des plaisirs nocturnes. Et nous, nous digérions…!

Jean-Philippe et Samuel

mercredi 17 août 2011

Installés à Tabarka pour deux semaines

Vous vous rappelez Habib, ce gentil Tunisien de Tabarka qui nous a fait la conversation dans le louage? Vous vous souvenez peut-être aussi qu’il nous a invités à prendre un café le soir de notre arrivée. Eh bien! il nous réservait une autre surprise ce même soir.

Dès qu’on a réussi à se retrouver dans la grande rue inondée d’un trottoir à l’autre de tables à café, Habib a rapidement rejoint son frère à une autre table et nous l’a présenté. De suite, nous sommes partis marcher vers une petite rue perpendiculaire à la rue principale. Presque au bout de celle-ci, nous avons gravi 2 étages d’un édifice résidentiel. Vous avez peut-être deviné; ils nous avaient trouvé un endroit où rester pour les quinze jours.

Il faut savoir qu’à notre arrivée, l’hôtel où nous avions prévu dormir était fermé. C’était une grande déception, puisque nous savions qu’il avait les meilleurs prix. Nous avons donc posé nos choses dans un autre hôtel semblable au premier, mais un peu plus dispendieux.

C’est dans ces circonstances qu’Habib et son frère ont fait le lien avec une dame (Mounia) vivant avec ses deux filles de 17 et 19 ans et son garçon de 18 ans. En bas de leur résidence : un charmant 3 et demi fonctionnel, complètement inoccupé. Après la visite des lieux, Habib nous demande si ça nous plait. Bien entendu, oui. Reste à discuter du prix. À 40 dinars la nuit, l’hôtel nous reviendrait à 600 dinars pour les 15 jours. Bien sûr, nous restons méfiants au départ sur les intentions de tous. Habib nous dit qu’il faut proposer un bon prix pour Mounia… On appréhende la suite pour faire monter les enchères. Pourtant, le plus simplement du monde, il nous dit : «Que diriez-vous de 200 dinars pour les 15 jours?» Wow! Le tiers du prix de l’hôtel, sans négociation! Comment refuser?

Finalement, le marché s’est conclu à 220 dinars! Nous voilà donc en possession d’une jolie petite villa avec une petite cuisine pour préparer les produits frais de la Tunisie! Le plus étonnant – et nous croirez-vous – c’est que Habib insiste sur le fait qu’il ne veut nous rendre service que pour gagner son ciel, en ce mois sacré du ramadan. Vous n’avez pas idée à quel point les gens d’ici sont aimables et empreints de générosité. Nous avons fini par croire la toute simple générosité de Habib depuis qu’il continue tous les soirs à nous inviter pour le café avec ses amis et qu’il vient marchander les produits frais dans les marchés avec nous pour s’assurer que nous avons le juste prix. Lorsqu’on sort, on croise souvent un de ses amis qui vient nous serrer la main et nous souhaiter la bonne journée.

Allah, si tu as une connexion haute vitesse, Habib a gagné son paradis.

P.S. Nous nous efforçons de ne pas boire et manger en public, mais nous ne pratiquons pas le jeûne toute la journée. Toutefois, nous essaierons certainement une journée ou deux de ramadan durant notre séjour pour l'expérience.

Jean-Philippe et Samuel

lundi 15 août 2011

Au coeur du ramadan

Tadam! Voici voilà notre deuxième envoi déjà et plus consistant celui-ci.

Après vous avoir écrit ce petit mot d'arrivée avant-hier, nous sommes repartis faire un somme dans notre hôtel non classé à 15 dinars la nuit (12 dollars) de Tunis. Nous savons bien qu'il faut essayer de ne pas trop dormir pendant la journée pour s'habituer rapidement au fuseau horaire de l'endroit, mais bon; notre énergie était à zéro.

Nous nous sommes réveillés vers 19h15 au chant des minarets qui annonce le coucher de soleil. Le jeûne du Ramadan était brisé pour la journée. Tout tranquillement, nous sommes partis nous promener pour trouver un restaurant qui ouvrirait ses portes aux passant affamés et assoiffés. Il faut savoir que ni l'eau, ni la nourriture, ni toute autre forme de jouissance physique n'est permise durant le mois du Ramadan entre le lever du soleil et le coucher du soleil. Un marathon olympien! Et bien sûr, ici, tous les adultes en bonne santé font le Ramadan, ce n'est même pas une question.

À notre sortie de l'hôtel, quelle ne fut pas notre surprise de trouver une rue totalement déserte, comme s'il venait d'y avoir un bombardement dans la ville. Plus une voiture, plus un passant. Tout le monde est disparu dans les maisons pour briser le jeûne en remerciant Dieu de les avoir fait traverser cette autre journée d'abstinence. Nous croisons quelques restaurants sympathiques où les gens se repaissent comme des ogres, à la vitesse de l'éclair! En continuant de marcher, on aperçoit des dizaines de vendeurs de babioles et de sucreries se préparer pour la nuit qui sera longue.

Nous avons aussi très faim alors nous retournons sur nos pas, direction: un de ces petits restaurants que nous avons croisés précédemment. Mais horreur! À peine 15 minutes plus tard, après l'orgie de nourriture, tout est fermé! C'est là qu'on comprend que les restaurants sont comme des pit-stops en course automobile. On comprend aussi, que quand on entendra l'appel à la prière on se précipitera dorénavant à tout vitesse dehors pour s'asseoir sur une terrasse de restaurant!

Le lendemain, nous trouvons Tunis trop étouffante et nous rêvons du vent marin de Tabarka. Nous prenons donc un louage, direction Tabarka en fin de matinée. Un louage, c'est simple, c'est une mini-van taxi qu'on prend devant la station d'autobus. Chaque mini-van a sa destination. On s'assoit dans l'automobile et on attend qu'elle soit remplie pour partir. Ça peut prendre 10 minutes comme une heure. Si tu es pressés, tu achètes les places vides du louage. Ce jour là, Allah est de notre côté et nous sommes la paire qu'il manquait pour remplir la navette. Nous n'attendons donc pas une minute et nous sommes relativement reçus avec soulagement et hospitalité par les locaux déjà bien installés dans la mini-van.

C'est durant le trajet que nous discutons avec Habib, un gars de 35 ans qui nous fait la conversation sur tout ce que nous croisons. Il nous parle de la dure chaleur en cette nouvelle journée de jeûne, de son travail et des paysages qui défilent devant nous. Sur la route, nous croisons alors un puits où la voiture s'arrête. Tout le monde sort alors pour aller se rafraîchir, s'asperger le visage et la nuque d'eau froide, mais pas d'eau à boire, quel supplice par cette chaleur, entassés dans ce louage! Ben sûr, pour respecter tous les gens que nous croisons, nous avons convenu de ne pas boire ni manger en public nous non plus. Nous nous prêtons donc volontiers à ce rite.

Tabarka est beaucoup plus calme et fraîche! C'est vraiment un endroit magnifique et il nous démange de recommencer la plongée sous-marine dans la mer attenante. Le soir même, Habib nous invite en compagnie de son frère et un de ses amis à prendre un café nocturne sur une terrasse, après la rupture du jeûne. C'est à ce moment que nous comprenons l'ampleur des fêtes qui se passent après le coucher du soleil. Une fois la prière terminée et la nourriture engloutie, des centaines de personnes se massent dans les cafés pour boire, fumer et échanger de façon volubile et enthousiaste. Et tout ça continue jusqu'à 3 heures du matin pour certains! Bien sûr, encore sur le décalage horaire, nous n'avons pas résisté jusqu'à ces heures tardives et nous sommes allés nous coucher vers minuit.

Voilà la fin de ces premières impressions chers amis. À bientôt.

Jean-Philippe et Samuel